Soirée joliment arrosée aux Sabots d'Hélène
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Ce soir, je suis avec Ludovic et Adrien aux Sabots d'Hélène, l'un des restaurants les plus connus de Liège, même s'il ne paie pas de mine intérieurement comme extérieurement. Cela tient beaucoup à la personnalité de son patron, Marc Carnevale,
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On le voit ici croqué par l'un des nombreux dessinateurs belges qui viennent se restaurer ici. Mais beaucoup d'autres artistes francophones s'y donnent rendez-vous : Patrick Bruel, Francis Cabrel, Eddy Mitchell, Laurent Gerra, Robert Charlebois, Anthony Kavanagh ... Lynda Lemay lui a même dédié une chanson : "Le bonhomme Carnevale".
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Le principe des repas est simple; on fait griller soi-même sur la braise les aliments fournis (poissons, crustacés, viandes) par la maison. Cela leur permet d'être cuits comme on les aime ;-)
Et pour boire avec, il y a une très belle sélection de vins dont beaucoup remontent assez loin au XXème siècle, ce qui devient rare.
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Pour l'apéro, nous avons un très bon jambon espagnol coupé finement. C'est le moment d'ouvrir le vin amené par Adrien (aucun vin ne sera bu à l'aveugle).
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Riesling Alsace Grand Cru Schlossberg 2012, domaine Weinbach
La robe est d'un or intense. Le nez est fin, sur un pétrole subtil, le citron confit, le yuzu et les aiguilles de pin. La bouche est ample, enveloppante, avec une fraîcheur diffuse surgissant de nulle part renforcée par un léger perlant, et une matière moelleuse charnue, finement mâchue. Le tout étiré par une tension élégante doté d'une aromatique mûre / confite (ça fait vendanges tardives sans sucre résiduel). La finale est riche et savoureuse, avec de superbes amers, persistant longuement sur des notes fumées, le citron confit la craie et les épices. C'est excellent (et aurait pu passer à grand avec une acidité plus ciselée / tranchante).
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C'est un homard entier rien que pour moi, préparé en cuisine. J'ai demandé une cuisson nacrée : ça a été respecté (ouf). Rien à redire, si ce n'est que l'accompagnement est tout de même sommaire. Mais ça se passe comme ça ici. On ne change pas impunément les règles. Nous avons fini le Riesling avec cette "entrée".
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Nous passons aux viandes : deux origines de boeuf (Galice et Brésil) et au centre, du filet de kangourou. J'avoue que cette dernière m'intrigue. Ca s'avère assez proche du cheval : la chair est dense, moelleuse, goûtue, avec un côté légèrement doux en bouche.
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Il y a un très bon gratin dauphinois pour les accompagner
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Et puis des crudités pour ceux qui veulent leurs 5 légumes par jour. Et puis plein de sauces. Mais je n'ai pris ni les unes ni les autres. Avec la viande, juste des patates, du sel et du poivre, c'est suffisant.
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Ma première lichette de kangourou, cuite, environ 10 secondes de chaque côté. Point.
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Adrien nous fait cadeau de cette bouteille de notre année de naissance : un Pomerol 1967 du Château La Fleur Petrus (à noter la mention Grand Cru - une autre époque)
La robe est rubis translucide aux reflets tuilés . Le nez est très fin, sur des notes tertiaires : vieille prune, sous bois, épices. La bouche est ample, douce, à la caresse sensuelle, offrant une matière fine et légère au premier abord, mais s'avérant rapidement plus dense et profonde , avec une aromatique séductrice sur le tabac et le pot pourri floral. Je ne sais pas s'il reste encore du gaz carbonique au bout de 58 ans, mais on a un léger frizzante qui titille la langue, suivi d'une fine acidité traçante apportant de la fraîcheur, et un final savoureux tout en ampleur sur l'écorce d'orange et les épices. Superbe vin !
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Nous passons ensuite à un Pauillac GCC 2002 du Château Lafite-Rothschild amené par Ludovic.
La robe est grenat sombre. Le nez est "classique", sur le cassis, le tabac, un léger menthol et une touche de cendre. La bouche est ronde, ample, veloutée, offrant une matière d’une douceur irréelle, une fraîcheur mentholée, et le fruit pur et intense du cassis. C'est un peu plus dense que le précédant, mais pas moins délicat. La finale est éclatante de fraîcheur sur un cassis très pur auquel s’ajoute un menthol vibrant / magique, sans une once de tertiaire. Un vin de 23 ans d'une jeunesse insolente. Pour l'instant, c'est excellent, mais pourrait s'avérer grand dans 15-20 ans.
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Nous avons repris du kangourou, et tenté de la Holstein (déjà bien entamée). Et nous avons regardé dans la carte du restaurant ce qui pourrait nous plaire.
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Nous avons choisi finalement un Saint-Emilion GC 1989 du Château Croque Michotte.
La robe est vermillon tirant vers le tuilé. Le nez est mûr, grillé, sur le tertiaire et de l'écorce d’orange. La bouche est de grande ampleur, déployant une matière très fine, délicate, savoureuse, mêlant les notes d'évolution à l'écorce d'agrume et l'âtre de cheminée. La finale est plus dense, expressive, avec un fruit décadent , un très bel équilibre et une fine mâche, sur l'orange séchée, le sous-bois et les épices. Excellent !
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Ludovic avait prévu à l'origine un Yquem 1970. Mais il était tard, on avait pas mal bu. Et c'était un peu du gâchis de l'ouvrir pour 3 personnes. Le restaurant nous a offert ce Passito de Pantelleria Sangue d'Oro 2021 de Carole Bouquet. qui a très bien fait l'affaire avec une glace au caramel (sans chantilly pour moi).
La robe est d'un cuivre intense, brillant. Le nez est fin, sur le muscat, l'orangette et la fleur d’oranger. La bouche est à la fois fraîche et confite, avec une matière moelleuse, sensuelle, d'une grande complexité aromatique. La superbe finale prolonge le bonheur sur la pistache de Bronte, les agrumes confits , la fleur d'oranger, les épices orientales (dont le safran). C'est excellent (+)
Et ce fut tout pour ce soir et cette (trop) courte semaine. Je précise que nous avons pris un taxi pour rentrer (c'était prévu dès le début de la soirée).
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J'ai enfin compris l'origine du mot hot(te) !