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A boire et à manger
19 octobre 2026

Retour gourmand à Saint-Yreix

Depuis la fin de mon travail à Vins étonnants, j'avais un peu coupé les ponts avec les membres du club d'oenologie de Saint-Yrieix que j'ai animé plus de 10 ans.  Mais pas complètement. J'ai préparé hier un repas de retrouvailles, vins inclus, chez l'amie C.. . Et ma foi, je pense que l'on se reverra plus souvent. 

En apéro, j'avais préparé des cornets en bricks garnis de pommes rôties au beurre, de foie gras et d'amandes grillées / caramélisées. 

Je les ai servis avec un Crémant d'Alsace Grande Année 2017 de René Muré.  La robe est d'un doré brillant.  Le nez dévoile des arômes de noisette, de brioche et de citron confit. La bouche est ample, vive et fraîche, portée par une belle intensité. Les bulles sont fines mais percutantes, contrastant avec une matière dense et moelleuse. La finale se montre tonique, d'une grande fraîcheur, avec une superbe amertume. Très bien +

En entrée, j'avais préparé une "fleur de la mer" composée de noix de Saint-Jacques, églefin fumé maison au bois de cerisier, haddock et truite fumée, avec autour de la salicorne et du citron Meyer confit. 


Le tout était arrosé d'un jus de pomme verte où j'ai fait infuser à froid la peau du haddock et ajouté une pointe de vinaigre de kalamansi. Cela apportait beaucoup de fraîcheur aux poissons. 

Elle était accompagnée d'un Riesling Grand Cru Osterberg 2016 de Louis Sipp.  La robe est d'un or clair. Le nez associe des notes pétrolées, de pin, d'embruns et de citron. La bouche est élancée, tonique et élégante, avec une texture douce et caressante. Les agrumes confits côtoient de belles notes d'évolution. La finale gagne en concentration et en vinosité, prolongeant les arômes de pétrole et d'agrumes confits, relevés d'épices. Très bien +

Puis j'ai servi un grand classique de la cuisine française : un vol-au-vent que j'ai garni de quenelles de volaille aux morilles maison, de morceaux tendre de poulet, de ris d'agneau, de champignons shimeji, de morilles, de pois gourmands et de mini-carottes. Le tout était arrosé d'une crème de volaille aux morilles. 

Pour lui tenir compagnie, un Chardonnay « À la Reine » 2013 du Château d'Arlay. La robe est dorée. Le nez, intense, développe des arômes de fruits secs grillés, de sésame torréfié et de pomme chaude. La bouche conjugue ampleur et élan, avec beaucoup de classe, une grande finesse et une remarquable fraîcheur. Les fruits blancs rôtis s'accompagnent de notes fumées et grillées. La finale est intense, savoureuse et mâchue, sur la pomme rôtie, le sésame, le beurre noisette et les épices. Excellent

Sans doute le plat qui m'a le plus causé de sueurs froides car j e me servais d'un four que je ne connaissais pas. C'est un rouge "à la Colbert" farci avec un risotto à l'encre et poulpe de Gallice, chorizo doux et piment des Landes, et une sauce vigneronne préparée avec du vin rouge, du chorizo et les arêtes du rouget.  Finalement, à 8 mn à 180 °C, c'était absolument parfait : la chair était hyper moelleuse. Un des meilleurs rougets que j'aie jamais mangé. 


J'ai osé un rouge avec un Dolcetto d'Alba 2020 de G. D. Vajra. La robe est pourpre et translucide. Le nez s'ouvre sur la cerise et les fruits noirs, accompagnés de notes épicées et mentholées. La bouche est ronde, ample et fraîche, avec un fruitée généreux. La matière est veloutée, pulpeuse et gourmande. La finale gagne en concentration et laisse apparaître une trame tannique, sur des saveurs de cerise, de mûre, d'orange amère et d'épices. Très bien ++

Un dernier plat salé avec un boeuf de 7 heures hyper moelleux que j'ai fait contraster avec un disque d'effilochée grillée, et  une pomme de terre fondante cuite longuement dans un fond de veau. 

J'avais déjà servi ce Château Saint-Pierre 1988 (Saint-Julien) pour mon anniversaire. Il était tout aussi bon hier. La robe est grenat, marquée par l'évolution. Le nez mêle le cassis, le sous-bois, le cigare et une touche mentholée. La bouche est d'une grande finesse, élancée, avec une matière soyeuse et une remarquable fraîcheur mentholée. La finale gagne en densité et en chair, sans perdre cette élégance. Excellent

Pour le fromage, j'ai refait un grand "classique de la maison" :  un munster que j'ai fait caraméliser comme une crème brûlée.

L'accord est d'une totale évidence avec un Gewurztraminer Gruenspiel 2019 de Louis Sipp.  La robe est dorée. Le nez est sublime, déployant des parfums de rose fanée, de fleur d'oranger et d'épices orientales. La bouche est ronde, ample et élancée, avec une matière moelleuse et suave, soutenue par une grande fraîcheur et une remarquable intensité aromatique. La finale est puissante, baroque, mêlant la rose, la pêche blanche, la fleur d'oranger et les épices d'un souk oriental. La longueur semble interminable. Excellent +

L'accord est simplement magique !

Pour finir, j'ai servi un "baba" aux fruits exotiques (ananas, mangue, passion).  Pas de citron vert car je n'ai pas choisi un Riesling  Spätlese

Je lui ai préféré un Jurançon Suprême de Thou 2014 du Clos Thou. La robe est cuivrée. Le nez, intense et complexe, évoque la banane flambée, la truffe, les raisins secs et la vanille. La bouche est ample, enveloppante et soyeuse, traversée par une grande acidité. L'expression aromatique associe l'orange confite et l'ananas rôti. La finale est intense, sur la truffe, l'ananas flambé, la mangue confite et les épices. Très bien ++

Il était un peu plus évolué que prévu.  Ce qui fait qu'on était pas totalement raccord. Mais c'est tout de même  vach'ment  bon ! 

 

Et c'est tout pour aujourd'hui !

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Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie
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