A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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18 mars 2016

Dégustation au domaine Brégeon

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Je connaissais les vins d'André-Michel Brégeon depuis 7-8 ans grâce à l'ami Fred devenu depuis ... vigneron en Muscadet (étonnant, non?). J'ai rencontré le personnage en novembre dernier lors d'un excellent repas chez Jacky Dallais, accompagné de millésimes vénérables de haut niveau (ah, ce 1995 !). Comme je me rendais en région nantaise il y a une dizaine de jours, je ne pouvais pas ne pas y aller, histoire de re-déguster toute la gamme et de rencontrer la personne qui lui a succédé, Fred Lailler

À peine arrivé, Fred m'embarque dans la camionnette : il faut aller nourrir le cheval chargé du travail des sols. Il avait faim : à peine le foin déposé, il se jette dessus. Du coup, je ne l'ai photographié que de dos...

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Cela me donne l'occasion de voir une parcelle de vignes : on voit qu'elle est travaillé en bio, avec un sol qui respire, et des herbes qui rompent un peu la monoculture. 

Retour au chai : on attaque de suite la dégustation, accompagné du vieux sage du Gorgeois et d'une cliente, enseignante à la retraite. Du coup, je n'entendrais plus beaucoup Fred, car André-Michel est beaucoup plus bavard ;-)

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Je ne suis pas certain qu'il y ait vraiment un ordre logique dans l'ordre des bouteilles servies. Ca se fait beaucoup à l'instinct, avec les bouteilles déjà ouvertes et posées sur la grande table en bois, d'autres que Fred part chercher, des échantillons prélevés sur cuves...

Gros plant 2014 : le  nez est pierreux, iodé. La matière est à la fois ample et dense, très "roche liquide". La finale est intense, saline; assez décoiffante. Dès le premier vin (4 € au domaine), je kiffe...

Muscadet 2012 : nez résineux, caillouteux, avec ce qu'il faut de pomme Granny et d'air marin. La bouche est tendue, d'une droiture impressionnante, avec une matière très dense, "minérale" comme on dit. La finale est dans la continuité, avec les mêmes notes salines que le vin précédent, mais en plus intense. 

Muscadet 2015 : nez plus fermentaire (pâte à brioche. La bouche est aussi tendue que le précédent, mais avec une matière plus fine et un léger perlant. Par contre,  on retrouve toujours des notes "pierreuses". La finale est très aromatique : cassis, menthol, citron puis des notes salines.

Muscadet 2014 : plus rond que 2015, mais autant de finesse et de tension. Pas de gaz. La salinité est plus puissante en finale.

On goûte ensuite le même sur lie : il a une texture plus moelleuse.

Muscadet 2013 : nez et bouche plus vifs. La matière est pure et cristalline. Très rafraichissant.

Gorges 2013 : matière plus ample, plus enveloppante, tout en gardant une grande tension. Finale encore austère. Fred pense que ça s'ouvrira d'ici l'été.

Gorges 12 : encore plus ample, avec une matière plus mûre, limite grasse. La tension est là, toutefois

Muscadet Réserve 2011 : la bouche est plus dense, plus vineuse, avec une matière plus riche et complexe. On retrouve une belle dose de sel en finale. Déjà extra... et demain, sûrement grand.

2007 encore sur lie : le nez est plus foisonnant, sur des notes de cire, de mousseron, de pierre chaude. La bouche est ronde, ample, d'une grande harmonie, commençant à transcender l'idée du Muscadet. La finale bien tendue nous rappelle à l'ordre.

Gorges 2014 : le  nez est moins expressif. Par contre, la bouche est déjà d'une belle ampleur, avec une matière riche et intense, tonifiée par un léger perlant.

Gorges 2015 : du pur jus de cailloux, droit, intense, à l'antithèse du précédent.

Gorges 2009 : nez très Chablisien, mûr et complexe. Bouche toute en longueur avec une matière douce et élégante, d'une grande pureté. Après un peu d'aération, la matière gagne en intensité et en puissance au profit de l'élégance. A attendre patiemment?

Puis nous goûtons les deux méthodes traditionnelles. La première est à base de Folle blanche, la seconde d'Egiodola (un croisement de l'INRA Abouriou X Tinta da Madeira). André-Michel avait arraché son Cabernet Franc il y a 25 ans car il avait du mal à arriver à maturité. Un pépiniériste lui avait conseillé d'essayer ça. Première année : trop léger. Deuxième année : trop tannique. Finalement, il fait de la bulle rosée, et c'est très bon ainsi !

Gai perlé : bouche tonique et rafraîchissante avec une bulle fine pas trop agressive. C'est très agréable et désaltérant.

Çavodix : bouche explosant de fruit frais, avec une bulle caressante, et une finale légèrement épicée. Une vraie gourmandise !

  

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 Pour en savoir beaucoup plus sur le domaine – je ne vois pas l'intérêt de faire de la réécriture de textes existants – je ne peux que vous inviter à suivre ces différents liens :

- site Vin-terre net

- blog passionvin (génial pour mieux connaître André-Michel Brégeon)

- blog de Fred Laillier (avec de belles photos)



Commentaires sur Dégustation au domaine Brégeon

    le choix des bouteilles sans signe distinctif par M. Bregeon restera toujours un mystère pour moi ! sinon le lieu est mythique : comment tout cela ne s'écroule pas ?
    un grand moment qu'une visite chez eux.
    Didier

    Posté par didier, 18 mars 2016 à 18:33 | | Répondre
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