A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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30 novembre 2017

Un repas autour des vins du Beaujolais

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Depuis le printemps dernier, j'ai intégré une joyeuse troupe : le Juratour. Tous membres du forum La passion du vin, ce sont des afficionados des vins du Jura et ont entrepris depuis 7 ans de visiter les meilleurs producteurs de la région. Le soir, après une journée bien remplie, ils préparent un repas accompagné de belles bouteilles. De temps en temps, ils font des infidélités à la région. C'est le cas de cette session de novembre qui se déroule à Villié-Morgon en terre beaujolaise. Le QG est au château de Bellevue situé sur les hauteurs du village. 

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Nous y avons loué un gîte qui peut accueillir une dizaine de personnes, avec une cuisine aménagée et une salle à manger. Nous sommes arrivés le vendredi midi. Nous avons casse-croûté avec quelques bouteilles (du Beaujolais, of course !). Le pot-au-feu du soir a été lancé, et nous sommes partis visiter le Clos de la Roilette (compte-rendu à suivre). À peine rentrés, tout le monde s'est remis au travail, les bouteilles ont été débouchées... A 20h, le repas pouvait commencer !

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Nous démarrons avec un foie gras mi-cuit du Limousin préparé par Patricia. Parfaitement assaissonné et cuit, c'est un pur régal. On en prendrait volontiers une deuxième assiette, mais ce ne serait pas raisonnable : il y a encore beaucoup à manger ensuite....Sur ce foie gras, trois vins blancs (tous sont servis à l'aveugle, mais pour des raisons de lisiblité, je vais faire comme s'ils ne l'étaient pas). 

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Saint-Véran "Les Champs ronds" 2010, Romuald Petit : la robe est dorée. Le nez est sur des notes confites (orange, angélique), rafraîchie par une touche citronnée. La bouche est pure, élancée, avec une matière mûre et concentrée. La tension a tendance à mollir un peu avec le réchauffement, mais ça reste plutôt bien équilibré. La finale est elle aussi bien mûre, avec un léger boisé perceptible. Un bien joli vin qui a souffert de la comparaison avec le suivant. 

Mâcon Verzé "Le chemin blanc" 2010, Nicolas Maillet : la robe est plus intense.  Et le nez a des notes confites encore plus marquéées (citron, mandarine). La bouche est tendue par une fine acidité traçante, enrobée par une matière ample, généreuse, presque onctueuse, mais une once de lourdeur. La finale est tonique, alliant l'écorce d'agrumes aux notes salines. C'est juste excellent, et devrait encore pouvoir se bonifier. 

Mâcon "Clos de la Crochette" 2006, héritiers du Comte Lafon : la robe est étonnamment la plus pâle des trois alors que ce vin est le plus âgé. Le nez n'est pas très expressif, sur des notes beurrées/grillées, avec un peu de citron confit. La bouche manque de peps et de personnalité. C'est rond, sans tension, ni grand chose d'autre. Une mâche crayeuse en finale. Et ça s'éteint vite. J'ai un peu honte, car c'est moi qui l'ai amenée. C'était pas mal en jeunesse (même si un peu haut en alcool) et ça n'a aucun avenir. RIP. 

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Puis nous passons à un saucisson pistaché (jurassien) cuit dans une pâte à cake aux lardons fumés, avec une excellente sauce au vin rouge. Excellent,là aussi (je veux bien les recettes !). Deux paires de vins accompagnent cette entrée :

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Moulin à vent "Les trois roches" 2009, PM Chermette : la robe est grenat sombre. Le nez est très joli, sur les fruits noirs confits et les épices , rafraîchis par une pointe de menthol. La bouche est élancée, tendue, avec une matière à la fois souple et concentrée, intense aromatiquement. La finale est puissante, généreuse, bien épicées, se prolongeant sur le salin. Très beau vin !

Morgon "Côte du Py" 2009, Jean Foillard : la robe est un peu plus claire. Le nez est plus discret, sur les fruits compotés, et une pointe alcooleuse. La bouche est ronde, fraîche, d'une bonne ampleur, avec une matière veloutée, bien mûre. La finale est surmûre à mon goût, avec toujours ces fruits compotés et l'alcool qui ressort. Grosse déception lorsque l'étiquette est découverte. 

 

 

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Morgon "Côte du Py" 2009, JM Burgaud : la robe est grenat sombre. Le nez est mutique. La bouche est élancée, ample, soyeuse, avec une belle dynamique. Mais la finale est terriblement asséchante, et me gâche tout le plaisir. Too bad. Re-surprise à la découverte de l'étiquette (problème de bouchon ?

Moulin à vent Clos du Tremblay 2009, Paul Janin : la robe est encore plus sombre, limite opaque. Le nez est assez discret, sur les fruits noirs très mûrs et une pointe de volatile. La bouche est ronde, charnue, avec une matière d'une impressionnante densité (vu le thème de la soirée), mais l'ensemble a de l'énergie et ne fait pas du sur place. La finale puissante, tannique est dans continuité. Un gros potentiel, qui demandera encore du temps pour être à son optimum. 

Arrive le préambule du clou du repas : le bouillon du pot-au-feu, avec pleind'zyeux à la surface. 

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Il est goûteux, pas trop salé. Et met en appétît pour la suite...

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Les viandes  

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Les légumes, fondants et délicieux et les os à moelle (avec une mention Très bien pour le mal-aimé rutabaga !) 

Avec une première triplette de vins rouges, suivi d'une paire amenée par Joseph

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.Moulin à vent 2011, domaine des Moriers : la robe est grenat sombre, légèrement évoluée. Le nez est marquée aussi par l'évolution, sur les fruits "cuits", le cuir et les épices. La bouche est ample, avec une matière veloutée, assez dense. C'est bien équilibré, mais ça manque un peu de charme et d'énergie. La finale est souple, épicée, pas très persistante. Aurait peut-être dû déjà être bu (il était bien dans sa jeunesse... même s'il n'est pas très vieux).

Moulin à vent "Gréneriers" 2011, Paul Janin : la robe est un peu plus sombre. Le nez est expressif, sur les fruits  frais et une touche mentholée. La bouche est généreuse, puissante, avec une matière structurée, mâchue. La finale est marquée par l'alcool. Pas vraiment en place. Je commence à appréhender ma visite chez Janin le lendemain... (en fait, c'était très bien !)

Fleurie "Chapelle des bois" 2011, Jules Desjourneys : la robe est pourpre bien sombre. Le nez est fin, frais, profond, sur les fruits noirs, la violette, le graphite. La bouche est est ample, avec une matière veloutée, élégante , et de l'allonge et un côté racé. La finale est fraîche, fruitée, sans dureté, se prolongeant sur des notes épicées/grillées. Avec le réchauffement, le boisé ressort un peu plus, rendant le vin moins digeste. Mais bu relativement frais, c'est un très beau vin !

 

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Julienas 1995, Clos de Haute-Combe : la robe est très évoluée. Le nez est fin, sur le cassis, les fleurs séchées, le sous-bois. La bouche est élancée, avec une matière élégante, toute en dentelle. La finale sans aucune dureté est marquée par l'évolution, se prolongeant sur les épices. Joli ! Une preuve que le Gamay pinote avec le vieillissement, car on serait bien parti en Bourgogne... 

Moulin à Vent 1983, Château des Jacques (bien avant l'acquisition de Jadot en 1996) : la robe est encore plus évoluée. Le nez est plus discret, sur la cerise, le cuir et l'orange confite. La bouche est plus tendue, mais la matière est nettement moins élégante : ça accroche pas mal... La finale est un poil asséchante. J'aime nettement moins (mais l'âge lui donne des excuses)

 

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Un magnifique plateau de fromages, dont un Bleu de Termignon d'anthologie !

Avec deux autres rouges mystère de la cave de Joseph

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 Volnay 1er Cru les Caillerets "clos des soixante ouvrées" 1985, domaine de la Pousse d'Or : la robe est tuilée, translucide. Le nez est intense, sur la rose séchée, la ronce, les fruits compotés. La bouche est élancée, tonique, avec une matière dense et douce, sensuelle. La finale est fine et intense sur les fruits confits, les épices et l'écorce d'orange. Superbe. 

Charmes Chambertin Grand Cru 1990, domaine Rousseau : la robe est proche, un chouïa plus sombre. Le nez est irrésistible, sur la rose, la fumée, le cacao et l'orange. La bouche est d'une classe totale, avec une matière arachnéenne évoquant la plus fine des soies, une acidité ciselée apportant une tension magistral. L'ensemble est d'une précision millimétrique tout en étant d'une grande sensualité. La finale est d'une grande expressivité, vous laissant ébahi. Je pariais évidemment sur un très grand Bourgogne. Je ne m'attendais pas à un tel cadeau. Merci Jo pour ce vin somptueux !

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  Le gâteau fait par bibi : chocolat/amande et ganache aux fruits rouges et noirs (cerise, cassis, framboise)

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Viviane, domaine du coteau des Coccinelles : la robe est rose saumon. Le nez est sur la framboise et les épices. La bouche est ronde, fruitée, mais manque de fraîcheur et de tension. Cela retombe assez vite avec une finale sucrailleuse (seulement 50 g, pourtant). Pas convaincu.

Le Cerdon du Bugey de Pierre Villeneuve, fait beaucoup de bien après : frais, désaltérant, pas trop sucré. Une agréable bulle de fin de repas. 

Je n'ai à peine trempé mes lèvres dans l'eau de vie, et pas touché au Fernet-Branca...

Fin de soirée vers une heure du mat'. D'autres ont continué une heure de plus... 



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