A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

EntréesPoissonsViandesVolaillesDessertsVins

06 juillet 2006

Dégustation en aveugle du millésime 2000

2006_0704fleurs0015

Mardi 4 juillet, dans le cadre de la 3ème rencontre du "cercle normand" qui vait lieu chez  Gildas, nous avons abordé le mythique millésime 2000. Gildas a eu là une très bonne idée: quelque soit la région, cette fameuse année aux trois zéros a permis de produire de beaux vins, et nous en eûmes la preuve ce soir-là...

2006_0704fleurs0016La mise en bouche s'est faite avec un vin de 2005: un Gaillac perlé du Château de Livers (Cave de Labastide de Lévis: Mauzac, Len de l'El  et une touche de sauvignon): robe  or pâle avec des fines bulles. Nez sur la pomme bien mûre et les fruits secs grillés. Bouche fraîche, vive, de bonne ampleur. Les arômes fusent,  le vin gazouille en bouche: un p'tit bonheur! Même la légère amertume finale fait partie du charme de ce vin ;-) Le type même de bouteille qui peut séduire ceux qui disent ne pas aimer le vin!

Nous passons ensuite au millésime 2000 (tout s'est fait à l'aveugle). 2006_0704fleurs00171

Premier vin: la robe est d'un beau doré. Le nez est sur la pomme au beurre, la brioche grillée, la noisette fraîche et la vanille. Si c'est pas du Bourgogne!... ;-)   La bouche est ample dès l'attaque, toute en rondeur. La matière est mûre, dense, avec une mâche qui fait penser à un sol calcaire. Finale toute en puissance et longue. On est bien en Bourgogne; le sol est bien calcaire: c'est un Meursault Genevrières du domaine Latour-Giraud. Beau vin!

2006_0704fleurs0018Deuxième vin: robe rubis légèrement évolué, translucide. Nez sur la griotte, le noyau, les épices et des notes giboyeuses. Bouche ample, ronde, aux tannins soyeux et d'une belle fraîcheur. Vin fin et friand. Finale assez courte. On placerait bien ce vin en Bourgogne, mais Jean-François nous dit que ce vin contient deux cépages. Bigre!!?? En fait, ce n'est pas incompatible: le deuxième cépage est du César, un cépage autorisé en Irancy(à hauteur de 10%)! C'est donc un Irancy de Thierry Richoux. Très agréable!

Troisième vin: robe rouge/violine opaque. Nez sur la prunelle, la violette et la pivoine, le poivre et les épices. Bouche ample, fraîche, aux tannins veloutés. Belle matière, terriblement gourmande. Finale belle et longue. Vin difficile à identifier. On sent qu'il y a de la syrah, mais quel est l'autre cépage? De la négrette! C'est un côtes du Frontonnais, la cuvée Thibaut de Plaisance du Chateau Plaisance. Encore un beau vin!

2006_0704fleurs0020Quatrième vin: robe presque identique, plus sombre encore. Nez sur les fruits mûrs, le camphre, la truffe et les épices. Bouche de belle ampleur, riche, suave, avec des tannins soyeux. La matière est dense, mûre, avec des notes salines. Ce vin frôlerait la perfection si la finale n'était pas un poil asséchante. Tout le monde le place correctement, mais plutôt en rive gauche. Et pourtant non, c'est un rive droite, avec une forte proportion de merlot. C'est un Saint-Emilion grand cru, Terres Blanches de Château Tourans. Très beau vin!

2006_0704fleurs0021Cinquième vin: robe trouble de couleur grenat assez évolué. Nez sur la fraise cuite, la prune, le cuir, le poivre et les épices. On dirait bien un Côtes du Rhône... Bouche ample, avec une acidité marquée dès l'entrée de bouche et qui ne fait que s'accentuer jusqu'à la finale. Celle-ci n'est pas dérangeante, car bien intégrée à la matière ronde, gourmande, aux tannins très souples. Après un bon carafage, le vin ne fera que s'améliorer. C'est bien un CDR. Plus précisément un Cairanne "Monsieur Paul" de Dominique Rocher. Beau vin!

Sixième vin: robe rouge sombre et opaque, légèrement évoluée. Nez sensuel sur les fruits2006_0704fleurs00231 bien mûrs, la réglisse et les épices, et un peu plus tard des notes de fumée. Bouche de belle ampleur, avec une matière mûre et des tannis veloutés. C'est gourmand, avec un côté juteux. Tout le monde voit ce vin sur la rive gauche, mais où? Beaucoup vont sur le médoc. Je descends plutôt sur GPL. Bingo! C'est un Graves: le château de Chantegrive. Très beau rapport qualité/prix!

2006_0704fleurs00241Septième vin: robe grenat. Nez plaisant typé médoc pour tous: fruits rouges et noirs, épices, benjoin, et quelques notes lactées. L'attaque en bouche est ample, mais celle-ci perd assez vite son tonus. La matière manque de punch et les tannins ne sont pas totalement fondus. La finale est assez courte. Bref, ce vin ne m'enthousiasme guère. Peut-être a-t-il aussi la malchance de passer après le Chantegrive...  Mais qu'est-ce? Un Haut-Médoc, le château d'Esteau. 2006_0704fleurs00251

Huitième vin: robe rubis un peu évoluée. Nez sur les épices, la pâtisserie orientale et le raisin sec. Cela me fait penser à un rioja. Eh non, me répond-on... La bouche est ample, riche, d'un beau velouté. La mâtière est belle, bien mûre et équilibrée. Finale légèrement asséchante. Tout le monde sèche sur ce vin étonnant... Surprise: c'est un BANDOL!!! Du domaine la Roque, pour être précis. Ah ben ça, alors... Encore un bien beau vin, ma foi!

2006_0704fleurs0026Neuvième vin: robe or pâle. Très beau nez sur la rose, le fleur d'oranger et la pâte d'amande. Bouche de grande ampleur, riche, soyeuse, avec beaucoup de caractère et de fraîcheur. Les sucres résiduels sont totalement intégrés et s'équilibrent avec une belle acidité. Finale belle et puissante. Quel vin! Un Gewürtz? Non, un RIESLING! Un grand cru Kirchberg VT de Louis Sipp. Bravo!

Dixième (et dernier) vin: robe dorée. Nez d'abord muscaté, pui sur les agrumes confits,2006_0704fleurs0031 les notes rôties et le miel. Bouche d'un grand équilibre, alliant douceur et fraîcheur, avec juste ce qu'il faut de sucre, de gras et d'acidité. C'est fin, délicat, et pas lourd pour un sou! Beaucoup penchent pour du Sauternes, même s'il n'en pas certains défauts fréquents. C'est un "Charmilles" de la Tour Blanche. Ce second vin s'est trouvé projeté à la première en 2002, le Grand Vin n'ayant pas été produit. Belle découverte qui permet de clore cette soirée épatante avec élégance!

2006_0704fleurs0029

MERCI A JENNY ET A GILDAS!



Commentaires sur Dégustation en aveugle du millésime 2000

  • Bonjour!
    C'est avec beaucoup d'intérêt que je vine s de découvrir votre dernière note en date. Toujours aussi Rabelaisienne!
    Vous avez dû - une fois de plus - passé un excellente soirée! Les vins proposés étaient (à première "vue") de très belle facture. Déguster de nouveaux vins, issus de mille et une contrées, et surtout à l'aveugle: rien de tel en effet pour s'aguérir et apprendre du vin. Finalement - et vous me direz ce que vous en pensez - lorsque l'on a VU et HUME un vin, n'en apprend-on pas autant, sinon plus, qu'une fois en bouche? De même, est-il nécessaire de goûter un vin pour savoir s'il est bouchonné, le nez étant amplement suffisant?
    Néanmoins, me permettez-vous d'émettre quelques réserves sur cette pantagruélique dégustation?
    N'est-il pas vrai qu'après deux, trois (maximum quatre) dégustations (avec crachoir ou non), on n'est - en tous cas l'amateur que je suis - plus vraiment à même de détecter quoi que ce soit des caractéristiques des vins présentés? Notamment en bouche. En outre, je sui surpris de l'ordre des vins: Saint-Emilion, Côtes du Rhône puis de nouveau un Bordeaux (Graves; avec un Haut-Médoc à suivre!!)): cela ne crée-t-il pas quelque confusion? Cependant, le connoisseur que vous êtes me rétorquera qu'il n'a dégusté "QUE" une sélection des 11 vins proposés! Mais alors, lesquels?!
    Très cordialement.
    Fabrice.

    Posté par Fabrice, 07 juillet 2006 à 10:19 | | Répondre
  • Ouah, que de questions!...

    Je vais d'abord répondre à la dernière; je n'ai pas bu une "sélection" des vins proposés. J'ai évidemment TOUT dégusté, comme c'est le cas de tous les compte-rendus de ce blog. Mais j'ai aussi TOUT craché. Et bu un verre d'eau entre chaque vin -également recraché, beuaark! Je souligne aussi que la dégustation a duré 5 heures, et a été accompagnée d'un buffet froid, ce qui laissait tout le temps de reposer les papilles...

    En ce qui concerne, c'est évidemment un indicateur très précieux pour détecter l'origine d'un vin, mais aussi ses défauts (bouchon, acidité volatile, excès de SO2...). En l'occurence, à part le Fronton et le Bandol, les vins étaient "localisables". Il n'empêche que personne n'aurait pu dire le riesling en était un, tellement il ressemblait à un gewürtz (à part moi qui l'avait amené ). En ce qui concerne les bordeaux, bien malin celui qui reconnaîtra sans hésitation les deux rives... Pour en revenir au nez, n'oublions pas que les arômes "perçus" en bouche le sont en fait par le nez par voie rétro-nasale (d'où l'importance d'aspirer de l'air quand on a le vin en bouche)). La bouche est par contre très utile pour découvrir la texture d'un vin, ou s'il y a ou non du sucre résiduel, de l'astringence, etc... Il peut y avoir des vins qui paraissent sucrés ou liquoreux au nez (ou plus exactement qui ont des arômes caractéristiques de liquoreux) et qui s'avèrent totalement secs. Et inversement. De même qu'un vin peut avoir un nez renversant et une bouche tannique, amère, etc (ce qui ne se sent pas du tout). On le voit, c'est très complémentaire...

    En ce qui concerne l'ordre des vins, c'est dû à la logique de la soirée ou personne ne connnaissait les vins qu'apportaient les autres (y compris la personne qui accueillait). Nous nous sommes donnés des indications sur la couleur et la puissance supposée des vins. Ca a donné ce que ça a pu... Personnellement, ça ne m'a pas dérangé plus que ça. Il n'y a que le haut-médoc qui en a souffert. Peut-être aurait-il été mieux après l'Irancy? Va savoir... Le Cairanne, un peu fermé au départ, a été "rebu" en fin des rouges, après le Bandol. Il n'a pas paru déplacé.

    En espérant avoir répondu à tes questionnements...

    Posté par Eric, 07 juillet 2006 à 12:36 | | Répondre
  • Réponses amplement satisfaisantes. La durée de la dégustation n'étant pas précisée au départ, cela prêtait un peu à confusion. Mais effet, sur 5 heures + les mets l'accompagnant...
    Encore félicitation pour ton blog,
    @ bientôt!

    Posté par Fabrice, 07 juillet 2006 à 17:14 | | Répondre
  • Eric,
    Ce que tu ne dis pas à Fabrice, c'est que nous avons bu aussi quelques eaux de vies et autres digestifs espagnols (manzana, melon...). Mais tout cela, c'était pour faire passer les 11 vins bus précédement. )Le tout également avec modération.
    11 vins peuvent paraître impossibles à boire (en tout cas c'est ce que je me disais il y a encore quelques temps), mais le fait de recracher (obligatoire afin d'être objectif) aide à ne pas saturer. Le tout sur une durée de 5 heures permet l'assimilation de chaque vin et de respecter le travail du vigneron...

    Posté par Gildas, 07 juillet 2006 à 18:00 | | Répondre
  • Fallait pas le dire... On va passer pour des pochtrons

    Posté par Eric, 07 juillet 2006 à 18:33 | | Répondre
  • Pas pochtrons, pas pochtrons... j'ai pu apprécier (en photo) les fins de soirée sur
    http://maigremont.canalblog.com/albums/chez_gil_a_vernon/photos/1719479-pict0027.html
    A mon avis l'homme à la balançoire n'aime pas gaspiller, donc recracher!!

    Posté par Fabrice, 07 juillet 2006 à 20:26 | | Répondre
  • C'est de l'histoire "interne" mais je ne fais pas partie de Maigremont, et je ne connais pas ce tournicotant personnage... Ceci dit, si j'étais dans cette position-là, je crois que je me viderais aussi aussi sec de tout ce que j'ai bu
    Eric

    PS: c'est le genre de photos que j'éviterais de publier, ça...

    Posté par Eric, 07 juillet 2006 à 20:38 | | Répondre
  • Et pourtant l'homme à la balançoire recrache TOUT lui aussi ! Ses 2 passions : le vin et le Fun. Comme quoi on peut-être Docteur en chimie et être sportif )

    Posté par Gildas, 07 juillet 2006 à 22:25 | | Répondre
Nouveau commentaire