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Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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10 avril 2009

Petit concours entre amis dans la Solitude absolue ... et un final imprévisible!

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Sous ce titre abscons se cache une réunion de notre club de dégustation. Comme l'année dernière,  nous avons fait un petit concours. Divisés en trois équipes de 5 personnes, nous devions identifier 10 vins. Indiquer le pays, l'appellation, le cépage dominant, le producteur, le millésime ... et le prix de vente (choix entre plusieurs "fourchettes" de prix). Chaque élément apporte un ou plusieurs points. C'est pour cela que même si nous nous trompions d'appellation, nous pouvions nous rattraper sur d'autres éléments.

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La réunion se passait au Domaine de la Solitude pour lequel deux des membres du Club travaillent (ceux qui sont également à Chevalier qui gère le vignoble appartenant à une congrégation de religieuses).

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P4081485Premier vin : nez sur la pâte d’amande, le miel, la cire. Bouche ample, moelleuse, mais soutenue par une grande acidité. Finale vive, très nette.

Au départ, je suis parti sur un Riesling, mes collègues sur un Chenin. On note tout d’abord Riesling, et puis comme le troisième vin fait encore plus Riesling que celui-ci, on finit par mettre Chenin. Mais d’Afrique du Sud le Chenin ! En fait, ca s’avérera être une Marestel 2005 de Dupasquier. Nous étions déjà fait avoir lors de notre préparation au concours RVF

P4081483Deuxième vin :
le nez explose sur des arômes de bourgeons de cassis avec une puissance et une intensité rarement rencontrées. S’y ajoutent quelques arômes beurrés/vanillés qui indiquent que le vin est élevé en barrique. La bouche est également d’une puissance rare, fraîche, très ronde, très très aromatique, ce qui doit rendre difficile tout accord avec un plat. La finale est intense, avec des notes amères certainement dues à la barrique.

Pour moi, c’est évident que ce n’est pas français. C’est forcément THE sauvignon néo zélandais. Cloudy Bay. Mais élevé en bois. Donc Te Koko (que je n’ai jamais bu). On dévoile la bouteille… Et c’est …. Te Koko de Cloudy Bay 2005! Youpi !...

P4081484Troisième vin : le nez est dominé par l’élevage, avec des notes de fruits bien mûrs en arrière plan. La bouche est longiligne, tranchante, amenant peu de plaisir. La finale est acide. Je n'accroche vraiment pas..

Je pars sur Chablis. Mes collègues sur Saint Joseph (à cause du nez de fruits mûrs). Bon, allez Saint Joseph. Mais je n’y crois guère. Ni l’un ni l’autre : c’est un Saumur blanc Brézé  2003 du Clos Rougeard. Ben dis donc, quand on voit la réputation et le prix de ce vin, ça laisse perplexe…

P4081487Quatrième vin : nez très pétrolé, avec quelques notes de pin, d’agrumes. Là c’est un Riesling. Aucun doute. La bouche est douce, confortable, avec une acidité plutôt en filigrane. C’est élégant, bien équilibré. Pas d’une puissance redoutable, mais vraiment bon.

Je suggère un Wiebelsberg de Kreydenweiss pour sa douceur très granitique. C’est en fait un "Clos Saint Urbain" GC Rangen de Thann 2005 de Zind Humbrecht.

P4081486Cinquième et dernier vin : la robe est la plus dorée de la soirée, presque cuivrée. Le nez est très beau sur des notes de pommes rôties, d’encaustique, d’épices de fruits secs. La bouche est tendue, sèche, d’une grande puissance aromatique. La finale est puissante, longue, très parfumée.

Ca me fait penser à un Rioja blanc que j’avais bu il y a quelques années. Mes collègues me suivent. Ils ont tort. C’est un Arbois Savagnin 2002 du Domaine de la Pinte.

Nous passons ensuite aux rouges

P4081488Premier vin : la robe est fluide. Le nez est le poivron pas très mûr, les fruits rouges pas trop mûrs non plus. La bouche est aussi fluide que le nez, assez marquée par l'acidité. La finale est un peu dure.

Pour nous, c'est soit un cabernet franc de Loire soit un médoc d'une mauvaise année. C'est en fait un Merlot d'une bonne année, ce qui pose vraiment question... Ce vin nous avait déjà piégé au concours RVF : c'est le Côtes de Bourg Haut Maco 2005.

P4081489Deuxième vin :
le deuxième a un nez de fruits compotés, d'épices, et fait assez évolué. En bouche, c'est rond, doux, plutôt fruité, avec une finale un poil chaleureuse. Bien, mais pas vraiment emballant.

Pas de doute, c'est un Grenache. Vincent part sur du pinot noir. Je remporte le suffrage. On part sur Châteauneuf. Résultat. C'était un Pinot noir! Un Chambolle Musigny 1er cru 2000 du Comte Georges de Vogüé. Pour avoir bu un vieux Musigny de ce même producteur, je sais qu'il faut du temps pour les apprécier. Mais je ne suis pas certain que celui-ci qui me paraît un peu vieux prématurément tienne la route une vingtaine d'années.

P4081491Troisième vin :
nez d'une grande noblesse sur les fruits noirs, le cèdre, les épices, la boite à cigare. Vous vous dites, c'est un Médoc. Nouz'ossi. La bouche est d'une belle ampleur, à la fois puissante et austère, mais très classieuse aussi. La finale est ferme et d'une bonne longueur.

On en est à se demander, si c'est un Pauillac ou un Saint Julien. On finit par tomber d'accord sur Barton. Tout faux. C'est un "super Toscan" Tignanello 2000 du Comte Antinori (à base de Sangiovese principalement).

P4081492Quatrième vin : nez sur la tapenade, le poivre, la fumée. Bouche ronde, élégante, d'une grande fraîcheur, et un joli fruité. Finale un peu ferme mais intense et parfumée.

On est a peu près tous d'accord sur le fait que ce soit une syrah. Après Côte Rôtie ou Cornas... Finalement, l'élégance nous fait partir sur Côte Rôtie. Ben non. C'est la mythique
Grange des Pères 2003 (40% syrah, 40% mourvèdre, 20% cabernet Sauvignon).

P4081495Cinquième vin : nez très complexe et profond sur les fruits bien mûrs, le cuir, les épices, les herbes sauvages... La bouche est à l'avenant : charnue, puissante, avec un fruité noble et frais, légèrement épicée. Finale longue et riche légerement amère. C'est très bon et d'un équilibre superbe.

Je me tate entre carignan et mourvèdre, plutôt espagnol. Nous concluons sur un Priorat (Mogador). C'est bien en Espagne, mais c'est un Ribera del Douro :
Alion 2004 (majoritairement tempranillo).

Au final, mon équipe a gagné (merci Te Koko), et pourtant vous aurez remarqué que nous n'avons pas été des plus brillants. Le "final imprévisible" n'est pas notre victoire, mais ce qui s'ensuivit...

Il est 10h45 lorsque je reprends ma voiture. Elle démarre nickel. Mais très vite, je trouve que les phares n'éclairent pas beaucoup. Puis la radio s'éteint brusquement, le tableau de bord perd de sa luminosité. Apparemment, un problème d'alternateur. Ma batterie se vide à vitesse grand V.

Je décide de m'arrêter au village le plus proche, et j'appelle l'assistance à laquelle mon assurance me donne droit. Une dépanneuse doit arriver dans 50mn. Il me reste du temps à attendre. J'appelle le président du Club pour lui dire que je suis en rade à 5mn de là. Il me passer Franck qui travaille à la Solitude. Et il me propose de m'héberger pour la nuit. J'accepte de bon coeur, parce que même si j'ai droit à un taxi pour me ramener à la maison, je vais arriver à pas d'heure ... et serait de toute façon sans voiture le lendemain.

La dépanneuse vient chercher la voiture. Je retourne à la Solitude et y dors du sommeil du juste. A 7 heures, je rappelle l'assistance pour qu'il m'envoie le taxi. J'ai tout juste le temps de déjeuner. A 7h30, il est là. Finalement, j'arrive pile poil au boulot à 9h!

Reste normalement à récupérer une voiture, à laquelle j'ai également droit pendant 3 jours. Aucune n'est disponible sur Bergerac. Il faut aller à Périgueux pour en chercher une (une heure de route). Je décide de laisser tomber. Je m'arrange avec mon collègue Christophe pour qu'il fasse un petit détour en allant au travail.

Je ne sais pas encore quand je vais récupérer ma voiture. Et combien ça va me coûter. Parce que j'ai une très bonne assurance, mais elle ne va pas jusqu'à payer les réparations ;o)




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