18 novembre 2009
Visite chez Jean-Marie Begey, producteur de cognac
Comme je l'ai expliqué lors de ma visite de Cognac, les grandes maisons sont fermées le samedi. Aussi, Antoon m'a amené chez un client de Vicard, chaudement recommandé par la collègue qui le suit. La propriété est à une vingtaine de kilomètres de Cognac, ce qui ne nous empêche pas de changer de département. En effet Villars les Bois est en Charente-Maritime.
Nous traversons un océan de vignes avant d'arriver dans ce petit village. Trouver la rue de la mairie ne devrait pas être trop difficile. Nous sonnons : Jean-Marie Begey nous ouvre les grilles du domaine. Il nous demande ce que nous voulons savoir. TOUT, lui réponds-je. C'est la première fois que je mets les pieds chez un producteur de cognac.
Nous faisons d'abord un tour au cuvier où trônent de superbes pressoirs pneumatiques. Ca rigole pas ! Monsieur Begey nous explique que le vin doit être le plus pur possible, sans défaut (Ethanal, entre autre), car celui-ci va être amplifié lors de la distillation. Pas de macération pelliculaire, ni même de débourbage au froid durant 24h. On presse, le vin est dirigé vers une cuve pour un débourbage statique de quelques heures. Puis il est transféré vers une autre cuve pour être ensemencé avec une levure sélectionnée pour produire du "vin à cognac". Et ca fermente dans les 24 heures ! La malolactique n'est pas recherchée, mais elle ne dérange pas plus notre producteur si elle se déclenche. Tant qu'elle n'apporte pas de défaut...
Direction les alambics. Pas de chance, ils démarreront quelques jours plus tard. Pour l'intant, ils profitent de leurs dernières heures de repos. Parce que après, ils vont quasiment faire du 24h/24 durant plusieurs mois d'affilée. Il faut dire que c'est un processus long, et limité dans le temps. Au 31 mars, tout doit être fini.
Le vin blanc est placé juste au dessus de la chaudière, à gauche. Il est porté à ébullition, dégageant des vapeurs qui s'accumulent dans le chapiteau (le zigouigoui en métal au dessus de la chaudière) puis passent par le col de cygne et arrivent dans le serpentin situé dans la "citerne" de droite, rempli d'eau froide. Le choc thermique provoque la condensation des vapeurs, donnant naissance au brouillis (environ 30° d'alcool).
Le brouillis remplace alors le vin entièrement évaporé au dessus de la chaudière, et c'est reparti pour un tour ! Les premiers litre récupérés, appelés "têtes" sont écartés, car trop fort en alcool. Puis arrive le "coeur", une eau de vie à 70-72°, qui donnera naissance au Cognac après vieillissement. Pour finir, "secondes" et "queues", trop légers. Ils seront réincorporés comme les têtes au brouillis lors de la distillation suivante.
Il ne reste plus qu'à laisser vieillir le cognac dans des fûts de chêne pour un long vieillissement.
Nous n'avons pas visité les caves, hélas, mais la boutique très design vaut le détour. On ne s'attend pas à cela dans un petit village charentais. Le choix de Cognac est assez large, mais il propose beaucoup d'autres produits : jus de raisin, vin blanc, rouge et rosé, pineaux des Charentes, cocktails divers... Il en faut pour tous les goûts.
Nous nous contenterons de goûter le meilleur : un cognac XO, composé d'eaux de vie âgées au moins de 32 ans. Le nez est très subtil : cuir de russie, épices, fruits secs grillés, tonka... La bouche est comme une caresse, d'une grande élégance, étirée en longueur, à l'alcool discret. Y a bon !
N'étant pas dans une situation financière souriante actuellement, je me suis contenté d'acheter un vieux pineau des Charentes (15 ans de vieillissement en barrique) car je ne me voyais pas repartir les mains dans les poches. Good choice : il s'est avéré très bon, avec des arômes de pralin et d'écorce d'orange confite, et une bouche moelleuse, gourmande. Je ne regrette pas mon achat ;o)
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Cognac BEGEY, 37 rue de la mairie, 17770 Villars les Bois 05 46 94 91 76
24 octobre 2009
Ma fainéasserie du samedi midi...
le boucher pour m'acheter une portion de son divin pâté de tête (et dieu sait que je n'aime pas toujours cette préparation, parfois immangeable). Puis chez ma productrice de légumes pour lui acheter de la roquette fraîchement cueillie.
Et lorsque je rentre chez moi, je passe devant certainement l'un des meilleurs boulangers de Bergerac pour lui acheter une baguette "tradition" qui est une véritable tuerie rendant vains et ridicules tous mes essais en matière de panification (jamais je n'arriverai à ce moelleux, ce craquant, ces arômes...).
Il est alors pas loin de l'heure de manger. A peine rangé mes courses, je me prépare un méga sandwich composé de ces trois ingrédients, avec en surplus un peu de vinaigre balsamique à l'état sirupeux.
12 juillet 2009
Mes vacances normando-parisiennes (4) : château, vin et amitié au programme
C'est une sacrée surprise que me fait Jean-Jacques lorsqu'il m'emmène au Château de Sassetot. Je ne m'attendais pas à un pareil cadre pour notre soirée. Ce château du XVIIIème a eu l'honneur d'accueillir l'impératrice Sissi durant un été entier : un médecin avait conseillé les bains de mer pour sa fille un peu faiblarde. Il avait donc fallu trouver un lieu de villégiature digne de son Altesse. Ce château fut donc réquisitionné.
Nous n'aurons pas le droit de manger en contemplant le grand portrait de Sissi puisque nous bénéficions d'un salon privé. Il faut dire que nous détonnerions un peu au milieu de la salle avec nos 12 bouteilles, nos crachoirs et les commentaires à voix-haute sur les vins dégustés.
Jean-Jacques a convié pour ce repas ses plus fidèles clients. J'en avais rencontré certains lors de leur venue à Tirecul en mai dernier. J'en découvre d'autres qui me connaissent pourtant déjà bien à travers mon blog. Je suis accueilli par le directeur de l'établissement, Jean-Philippe Renaudat, qui lui aussi apprécie mes écrits. J'apprends alors que je serai logé cette nuit au château. Chic !
Commence le long débouchage des bouteilles, puis leur dégustation afin de savoir si on les carafe ou non. Nous nous apercevons qu'il y a beaucoup plus de vins à carafer que de carafe. Tant pis, on fera avec (ou plutôt sans).
Le chef nous a préparé toute une série de mises en bouche. Le problème, c'est que la plupart appelle plutôt le vin blanc. Et qu'il y a une grande majorité de vins ... rouges ! Une pièce de boeuf suivra donc afin de pouvoir s'accorder avec une demi-douzaine de vins.
Nous démarrons avec une émulsion d'huîtres. Pour l'accompagner, j'ai suggéré de prendre le
Côtes d'Auxerre 2006 "Biaumont" du domaine Goisot : un nez sur les agrumes, la pierre et le buis. Une bouche ronde, fraîche, à l'acidité présente mais bien intégrée, et une finale tonique, dotée d'une astringence évoquant le pamplemousse.
Une brouillade de saumon nous est servie en même temps. Mais l'accord fonctionne logiquement beaucoup moins bien. Ceci dit, aucun vin n'est vraiment satisfaisant avec les oeufs brouillés.
Le tartare de bar convient lui aussi très bien au vin des Goisot. Je dirais même la chair du poisson apporte une profondeur supplémentaire au bourgogne, stimulé par la compétition.
Et que dire du mariage idéal entre le croûton à la tomate et au rouget et le palette blanc 06 du Château Simone? Le vin assez discret au départ prend une ampleur rare, comme s'il était sensible au défi imposé. Un nez sur des notes d'hydrocarbure, d'iode et d'agrume. Une bouche tendue et puissante, à la matière dense, puis mâchue en s'approchant de la finale. Cette dernière est longue et expressive, avec un côté très viril. Y a pas : cette Simone a du poil aux pattes ;o) Heureux de découvrir ce vin dont j'avais tant entendu parler !
L'acco
rd entre le nem pomme miel et chèvre et la Roussette "réserve confidentielle" 2000 de Louis Magnin fonctionne également, car les saveurs de la roussette sont proches de celles du plat (pomme et miel). Celle-ci s'avère tout de même décevante si on la compare à ce que produit Noël Dupasquier. C'est vraiment moins bon. Avec une Marestel de ce producteur, on aurait atteint des sommets de plaisir !
Il n'y a effectivement pas grand chose à dire de cette roussette de Magnin. C'est assez fluide, manquant de corps et de personnalité, une finale courte. Pas emballant, quoi.
Nous finissons la série des mises en bouche sans boire de vin, car elles s'avèrent peu propices au mariage.
Emulsion de mangue & jambon
Tartare de légumes crus
Nous démarrons la série de rouges avec un Moulin à vent 2007 du domaine des Côtes de Molière. Le nez est sur la cerise noire et les épices (cannelle). La bouche est ronde et veloutée, avec une belle pureté de fruit. La finale est nette et digeste. Ce vin divise les dégustateurs. Je persiste à bien aimer, même si je l'ai mieux bu il y a un mois et demi.
Nous continuons sur un vin apporté par un convive que j'apprécie beaucoup (le vin, pas le convive, quoique...) : le Saint Chinian "Comme à Cayenne" 2005 de Michel et Pompillia Guiraud. (85% grenache, 15% carignan). Le nez est sur le fruit bien mûr et le schiste chauffé au soleil. La bouche est ronde, fine, soyeuse, élégante, avec toujours ce côté fumé qui évoque les schistes de Saint-Chinian. La finale est d'une belle longueur, sur des notes de garrigue.
La pièce de boeuf, purée de patates douces nous est servie. Elle permet d'accompagner les vins qui suivent...
Saint Nicolas de Bourgueil 05 "Orion" de Sébastien David : robe presque noire. Nez sur le cassis (fruit et bourgeon), et les épices. Bouche riche, dense, au fruité intense, aux tannins veloutés au départ, se durcissant beaucoup trop en finale. Je l'ai connu se goûtant beaucoup mieux (mais comme pour le Moulin à vent, le séjour dans le coffre de ma voiture n'a pas dû arranger les choses).
Premières Côtes de
Blaye "les Clies" 06, Château Haut Meneau : les fruits du nez sont dominés par la vanille et le toasté de l'élevage. La bouche est ronde, agréable, fruitée, mais tout de même pas très causante. Finale un peu dure. A attendre.
VDP des Côteaux du Murviel "Les gravières du Taurou" 2000, Domaine de Ravanès : un vin que j'ai aussi en cave, puisque j'étais allé chez le producteur en juillet 2005. Nez sur la ronce et le graphite. Bouche ample et mûre, intense, aux tannins se durcissant en finale. Je n'ai jamais retrouvé le plaisir que j'avais eu à le boire à la propriété.
Côteaux du Languedoc "Syrah Leone" 1995, domaine Peyre Rose : robe sombre légèrement évoluée. Nez sur les fruits noirs, la réglisse et la garrigue. Bouche ample et puissante, longue, assez virile, aux tannins un brin asséchants. Je ne pense pas qu'elle s'améliorera avec temps. Le 2002 bu deux jours auparavant était beaucoup plus enthousiasmant.
Marcillac Vieilles Vignes 04, domaine du Cros (la photo de l'étiquette n'est pas vraiment la bonne): nez mêlant les fruits noirs, le fer et le poivre. Bouche ronde, gourmande, veloutée, avec beaucoup de fraîcheur. Belle longueur. Le carafage lui a été très profitable.
VDP de Vendée Orfeo 03, prieuré la Chaume : nez assez exubérant mêlant la liqueur de fruits noirs et les épices chaudes, la noix de coco. Bouche riche, crémeuse, se durcissant hénaurmément en finale, avec un côté très asséchant. Dommage.
Château Ducru Beaucaillou 1982 (Saint Julien): nez fin, sur la feuille de tabac, le graphite, et le cassis. Bouche ronde, douce, distinguée, avec une jolie trame et une acidité qui porte le vin. Finale peu plaisante par sa dureté sur des notes de cigare.
Château Figeac 1983 (Saint Emilion) : nez sur l'humus, le café, le tabac et les épices. Bouche plus ample et plus dense que le précédent. Mais aussi plus dure et moins fine. Il est peu de dire que les tannins ne sont pas d'une grande délicatesse. La fin est asséchante.
Il restait deux mises en bouche que nous avions mise de côté pour accompagner le dernier vin. L'une à base de roquefort, l'autre à base de mangue. En effet, il reste à boire le Vent d'Autan 1989 de Robert Plageoles (100% Ondenc). Sa robe est entre l'or et le cuivre. Le nez est d'une grande complexité : coing, figue, pomme confite. La bouche est douce et fraîche, avec une intensité aromatique impressionnante. A l'ouverture, le vin était beaucoup plus suave. Il est maintenant beaucoup plus réservé, presque austère. Il n'empêche que la finale est un véritable hymne au coing, avec une belle persistance.
Le vrai dessert arrive : sans trop me tromper, ça doit être un millefeuille aux fraises. Ceux qui avaient encore du Vin d'Autan ont pu le finir sur celui-ci. Les autres ont fini à l'eau fraîche. Si le repas était fini, les conversations se sont prolongées.
Si l'on voulait conclure, on pourrait dire que pas mal de vins n'étaient pas dans leur meilleure phase, mais ce n'est au final pas très important. Ce qui comptait, c'était la qualité des échanges, et j'ai l'impression que ce fut à ce niveau une grande réussite. Il est toujours étonnant de voir comment des personnes qui ne se connaissaient pas quelques heures auparavant réussissent à communiquer en parfaite harmonie, comme s'ils s'ils étaient des amis depuis toujours.
Après le départ de la plupart des invités, Jean-Philippe m'a fait découvrir la Bénédictine que j'évoquais hier. C'est intéressant au niveau aromatique, mais beaucoup trop sucré à mon goût. Puis avec Jean-Jacques et Jean-Philippe, nous avons devisé une heure encore autour d'une bouteille de Chitry d'Olivier Morin. Pas vraiment raisonnable, puis qu'il était près de 3 heures du matin lorsque nous nous sommes séparés.
J'ai alors rejoint la suite qui m'a été allouée. Je me suis endormi rapidement dans mon lit à baldaquin, rejoignant Sissi au pays des songes.
Ce fut de courte durée, car le jour a pénétré dans la chambre dès 6 heures du matin malgré les épais rideaux. J'ai encore somnolé une petite heure en plus, sans vraiment me rendormir. J'ai donc décidé de me lever et de commencer à travailler sur la suite de mon récit de vacances.
Après un très bon petit-déjeuner, j'ai pris quelques photos du château, et je suis reparti à Fécamp pour passer une seconde journée avec Jean-Jacques. Celle-ci fut plus consacrée à la discussion qu'aux visites. Aussi ne vous sera-t-elle pas relatée sur le blog.
Merci à Jean-Philippe et à Jean-Jacques
pour leur superbe accueil !
(à suivre...)
13 septembre 2007
Toast au gorgonzola & noix, sorbet à la poire
Le pain aux noix est fait maison. Je ne sais pas si vous en avez fait l'expérience, mais la noix communique au pain une couleur légèrement violacée, assez unique. Il a été découpé à l'emporte-pièces, puis toasté au grille-pain.
Le gorgonzola, il n'y a pas grand chose à en dire, si ce n'est que j'aime beaucoup ce fromage, viril et féminin à la fois, sans équivalent en France.
Le sorbet à la poire: fait maison, lui aussi. Avec (environ) 400g de poire et 100g de sucre (roux). Les poires ont été coupées en morceaux. Légèrement chauffées avec le sucre pour qu'il fonde. Puis le tout a été passé au mixer avec 1 gramme de xanthane et 1 gramme d'acide citrique (ou un trait de jus de citron si vous n'en avez pas).
Le mélange a été mis au congélateur une nuit. Puis passé au cutter (mixer à grandes lames). Là, il foisonne et devient moelleux (et le reste même à grand froid). Si vous avez une sorbetière, vous vous contentez de mettre votre mélange de départ dans celle-ci.
Le montage est simple: pain grillé, gorgonzola, quelques noix hachées, une quenelle de glace, encore quelques noix, et le le tour est joué!
Conseil de dégustation. Ni cuiller, ni fourchette! Vous prenez votre main préférée et vous croquez dans toute la hauteur du toast afin d'avoir tous les éléments, chauds, froids, fondants, croquants d'une seule bouchée: magique!
30 mai 2006
La côte de porc panée à l'ail et au persil, ou la quadrature du cercle résolue
Tout le monde aime la panure. Le gros problème est d'utliliser une viande qui demande du temps à cuire comme le porc SANS brûler la panure qui elle, cuit relativement vite. Le problème se complexifie peut-être encore plus lorsqu'elle contient de l'ail. Ce dernier ne supporte pas la chauffe excessive: il devient désagréablement âcre. Quelle solution adopter? C'est l'objet de la recette du jour ;-)
Pour deux personnes:
2 côtes de porc
1 oeuf battu dans une assiette
1 assiette de farine
1 assiette de chapelure + 1 gousse d'ail pressée + persil ciselé + sel
légumes d'accompagnement (à faire à part)
huile d'olive
Allumez votre four à 80°.
Trempez successivement vos côtes dans la farine, l'oeuf battu puis la chapelure. Appuyez bien pour qu'elle tienne.
Mettez vos côtes 20mn au four.
Pendant ce temps-là, cuisez vos légumes.
Faites chauffer de l'huile d'olive dans une poêle.
Faites revenir vos côtes panées 2mn de chaque côté.
Il n'y a plus qu'à servir ;-)
07 février 2006
Fallait oser...
Au four à 75° jusqu'à ce que la viande atteigne 62°
Peut-être plus de détails ce soir...


















































