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Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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10 septembre 2020

Vacances J7 (1) : Nicolas Gonin

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Je quitte Lyon vers 9 h du matin pour aller à Saint-Chef dans l'Isère chez Nicolas Gonin. Aujourd'hui, les vignobles sont rares dans ce département, alors qu'il était l'un des plus gros producteurs de France au XIXème siècle (33.000 hectares !). Nicolas Gonin est un enfant du pays : après avoir obtenu son diplôme d'oenologue à Dijon, il poursuit son apprentissage dans des domaines très réputés comme Gillette (Sauternes), Ridge Vineyards (Californie) et Tempier (Bandol). Il n'empêche que l'envie de revenir au pays est la plus forte. Au départ, il loue des parcelles ici et là, souvent très éloignées les unes des autres. En 2005, il hérite du petit vignoble de son oncle Gaston. Cela lui permet d'obtenir le statut de vigneron, et le droit de planter. Et il ne s'en prive pas, car à l'époque, les cépages "non-locaux" dominent : chardonnay, pinoir, gamay. Progressivement, il les arrache pour les remplacer par des variétés indigènes comme le persan, le mècle ou la verdesse. Et ce n'est pas fini : d'autres devraient suivre comme le bia, le salagnin ou le servanin.

J'arrive à 10h30. Je ne suis pas tout seul : des sommeliers lyonnais sont là aussi. Nicolas nous propose de visiter une partie de ses parcelles.

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La première est au sommet d'une butte avec un sol drainant. Les herbes sont grillées et la vigne a soif... Particulièment la verdesse. C'est toutefois à relativiser. Au bout d'une dizaine de mètres, le vert revient aux joues de la vigne.   

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L'altesse qui est à côté se porte mieux. 

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Changement de décor sur une parcelle argilo-calcaire où se trouvent de la mondeuse et du persan. Là, tout va bien. L'herbe bien présente joue son rôle de concurrente sans trop en faire non plus. 

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Ce sont deux cépages tardifs qui ne seront ramassés que fin septembre, même s'ils contiennt déjà un jus bien sucré. Mais il faut que les tanins aient le temps de se dégrader correctement pour donner les meilleurs vins possibles. La mondeuse reste de toute façon raisonnable en degrés alcoolique. Par contre, nous le verrons plus tard, le persan peut monter dans les tours...  

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Ben tiens, puisqu'on parle de lui !

Puis nous passons au cuvier où nous dégustons les vins toujours en cours d'élevage (principalement les 2019 et quelques 2018). Je retiens que la Verdesse d"année en année s'exprime de mieux en mieux. Même quand la maturité est poussée, la vivacité et la fraîcheur sont au rendez-vous avec des finales époustouflantes. L'Altesse 2019 est également de toute beauté. J'ai hâte de la retrouver en bouteille. La Mondeuse 2019 est bien mûre tout en restant digeste et gourmande. Mais le plus impressionnant, c'est le Persan. Sur 2018, il atteint les 15-16 % d'alcool (et il reste un peu de sucre). Mais il présente un pH de 3, ce qui est plus acide que 95 % des vins blancs. Le résultat est assezE bluffant : d'un côté une matière imposante, à l'aromatique décadente, de l'autre, une fraîcheur et une tension de ouf et une finale vivifiante qui vous laisse la bouche nette. Jamais rien ressenti de tel, le plus proche étant les vins de Baranco Oscuro, également très mûrs et très très frais – pour des raisons d'altitude extrême : 1300 m d'altitude. Le Persan 2019 retrouve des chiffres plus "normaux" (13.6 % d'alcool, pH 3.2), avec toujours ce mix de grande maturité et de fraîcbeur intense. 

Nous finissons avec les vins déjà mis en bouteille.

Blanc d'Isère 2018 (70 % viognier, 30 % altesse) : le nez est très viognier – fleur d'oranger, violette, abricot. La bouche est ronde, fraîche, équilibrée, avec une aromatique expressive. La finale est salivante et saline ... et toujours bien aromatique. 

Brut nature (100 % altesse) : le nez est à la fois mûr et frais, complexe. La bouche est longiligne, finement tendue, avec des bulles délicates et une bonne fraîcheur.La finale est nette et savoureuse. 

Mondeuse 2018 : le nez est très expressif sur les fruits rouges, la violette, le poivre.La bouche est ronde, veloutée, très fraîche, avec un fruit d'une goiurmandise irrésistible. La finale poursuit sur le fruit et la fraîcheur. Miam !

Persan 2014 : nez superbe, sur les fruits confits et la truffe. La bouche est fine, tendue, avec une matière soyeuse. La finale est nette, sur la cersie fraîche. Heureux sont ceux qui en possèdent encore !

En bonus, les raisins vendangés hier

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L'altesse

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La verdesse



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