A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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25 juillet 2020

Feux d'artifice le 14 juillet chez Thien

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Je connais virtuellement Thien depuis 20 ans – nous étions tous les deux "iacchosiens" –  mais je n'avais encore jamais eu l'occasion de la rencontrer. J'ai profité de mon voyage parisien en solo pour enfin échanger "en vrai". Elle a convié quelques amis dont la plupart ont connu cette période pionnières d'internet. Chacun était chargé d'amener une ou deux bouteilles. Thien s'occuperait du repas. 

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Avec du jambon persillé et du jambon cru, nous avons bu deux bulles. 

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La première a une robe jaune paille, avec des bulles peu présentes. Le nez est finement oxydatif, sur les fruits secs à coque et la pomme tapée. On pourrait croire la bouche fatiguée pas du tout : elle est vive, tendue par une acidité traçante, enrobée par une matière mûre, ronde et fraîche. Les bulles, même si on ne les voit pas, sont bien perceptibles, crépitant très agréablement sur la langue . La finale, très "brut nature", est franche et nette, sur la pomme fraîche et des notes citronnées. 

Pinot noir ou chardonnay ? Ni l'un ni l'autre. C'est un pur meunier : cuvée 'M de Bourgeois-Diaz (dégorgée en 2016, d'où le nez évolué). 

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La deuxièime a une robe qui tire vers l'or rose. Le nez est intense, sur la brioche, le miel, la pomme beurrée. La bouche est élancée, avec une matière très dense, vineuse, à la fois douce et corsée. Les bulles sont peu présente : on a juste un léger frizzante La finale monte encore en puissance, sur les fruiits blancs rôtis et les épices. Là, on part plutôt sur un pinot noir d'un très beau secteur (genre Ambonnay). Ce coup-ci, c'est pas mal : c'est un Blanc de noirs Grand Cru d'Egly Ouriet (dégorgé en ... 2004, après 48 mois sur lattes. On doit donc avoir affaire à des millésimes autour de 98/99). 

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Nous passons à table pour goûter le fameux saumon au caramel de Thien. C'est fondant à souhait, et pas trop caramélisé, en fait. 

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Avec celui-ci, nous commençons par un premier vin blanc.  La robe est d'un or intense. Le nez sur le citron confit et le beurre frais fait assez bourguignon. La bouche est longiligne, tendue par une fine acidité, tout en déployant une matière mûre au toucher moelleux qui vous enrobe le palais. La finale est salivante et saline, sur des notes grillées/fumées. Ca fait vraiment très chardo.... mais ça n'en est pas un : Saumur Brézé 2007 du Clos Rougeard. (que l'on compare souvent à un Bourgogne, cela dit).

Puis nous est servie une paire de vins. Le premier, je sais ce que c'est puisque je l 'ai apporté. La robe est jaune pâle. Le nez est expressif, sur les fruits exotiques et la citronnelle. La bouche est éclatante, d'une pureté cristalline, dotée d'une matière fraîche et gourmande , très marquée par  l'ananas et le fruit de la passion. La finale poursuit dans le même registre, avec une fraîcheur encore accrue et une très légère douceur compensée par l'acidité du citron vert. C'est un Mosel Rieslng GG Herrenberg 2017 de Maximin Grünhaus. J'ai été étonné que pas mal de convives ne reconnaissent pas le cépage. Plusieurs n'avaient jamais bu de riesling allemand et ce fut pour eux une belle découverte.

Le second a une robe dorée intense. Le nez évoque les fruits blancs confits et le miel. La bouche est très ample, avec une matière ronde et moelleuse qui vous nappe tout le palais. La finale plutôt douce est dominée par des notes beurrées/fumées qui l'alourdissent un peu. L'effet  séquence n'est pas très favorable à ce Vouvray demi-sec 2008 de Foreau qui paraît lourdaud après le riesling. 

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Puis vient le poulet aux champignons parfumés et saucisses thaï à la citronnelle, avec une première paire de vins rouges servis bien (trop ?) frais.

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Le premier a une robe rubis translucide aux reflets tuilés. Le nez est plutôt discret (température basse) sur les fruits compotés  et des notes balsamiques. La bouche est fine, élancée, déployant une matière soyeuse. Le tout est équilibré et digeste, descendant tout seul. La finale poursuit dans la finesse, avec de légers amers (noyau, écorce d'orange) et des épices.  

Le second a une robe rublis moins évoluée et plus claire. La bouche est plus fine, plus élancée et plus fraîche. On en boirait des litres. La finale est un peu astringente, avec une grande persistance sur les épices. 

Ce sont deux vins d'Emmanuel Reynaud du même millésime : Vin de pays du Vaucluse 2003 du domaine des Tours et Côtes du Rhône Pialade 2003.  J'avais bu Fonsalette 2003 il y a quelque années : il était beaucoup plus marqué par la chaleur du millésime. 

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Une deuxième paire arrive rapidement, servie toute aussi fraîche. 

Le premier a une robe grenat. Le nez est discret à cause du froid. On sent légèrement des fruits rouges et des épices. La bouche a un profil proche des deux vins précédents (fine et élancée) mais possède une matière un peu plus dense, au toucher doux, et une sensation de fraîcheur. La finale mentholée et épicée renforce cette impression. C'est très sympa ! Nous sommes sur un Gevrey-Chambertin Les Évocelles 2013 du domaine des Tilleuls

Le second a une robe étonnamment trouble (ça fait très vin nature). Le nez est très fruité, sur la griotte , le poivre et la terre humide.  La bouche est éclatante de fraîcheur , avec un fruit très intense qui vous immerge délicieusement. La finale est épicée et tonqiue, très gourmande. Un pur régal ! Bluffé je suis lorsque j'apprend que ce vin va sur ses seize ans : c'est un Charmes-Chambertin Vieilles Vignes 2004 de Jacky Truchot (j'ai cru comprendre que ses bouteilles sont devenues culte...).  

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Arrive ... une troisième paire, toujours à la la même température. 

Le premier vin a une robe grenat sombre. Le nez est opulent sur les fruits confits. La bouche est ample, élancée, avec une matière soyeuse, sensuelle. Seule la finale un tantinet ferme obère un peu le plaisir. Mais c'est tout de même un très (très) beau vin.  C'est un Nuits Saint-Georges 1er Cru "Clos de la Maréchale" 2005 de Jacques-Frédéric Mugnier.

La robe du second est plus claire, avec un nez nettement plus évolué (très sous-bois d'automne). La bouche est plus dense, plus puissante, un peu trop "sérieuse" à mon goût.  La finale dévoile des tanins saillants pas trop agréables. J'accroche nettement moins. C'est un Pommard Les Vignots 1991 du domaine Leroy.

À noter que Thien nous a amené deux verres de Sophienwald (offerts par l'importateur) qui change totalement la donne sur les vins : les nez deviennent nettement plus complexes et les bouches plus harmonieuses.

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Avec les fromages, deux nouveaux vins blancs

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Le premier a une robe dorée. Le nez fait très "croûte de comté pas tout jeune", avec une touche de curry. La bouche est fine, aérienne, avec une belle ampleur et une bonne intensité aromatique. La finale gagne encore en intensité, persistant assez longuement. Sans surprise, c'est un vin jaune .... 2005 du Château d'Arlay (salut Alain !).

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Le second a une robe jaune pâle. Le nez est fin, fumé, légèrement réduit. La bouche est ronde, fraîche, très pure, avec un côté réconfortant ; vous êtes bien, tout simplement ! La finale est nette, légèrement astringente, sur le citron et la mirabelle. Bluffé je suis une seconde fois : ce savagnin de 2012 est resté six ans en barrique sans le moindre soufre. Il ne montre pas le moindre signe d'oxydation (au contraire, il est réduit). C'est l'Étrange 2012 de Lucien Aviet.  

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 Pour finir, un clafouti aux cerises de Montmorency, 

avec deux susucres bus côte à côte

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Le premier a une robe cuivrée. Le nez est riche, sur le caramel, les fruits confits, la truffe. La bouche est longiligne, avec une matière grasse, onctueuse, miellée, tout en restant bien équilibrée. La finale est nette et savoureuse, avec un retour du caramel et de la truffe. C'est un Jurançon l'Eminence 1993 de Bru-Baché

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Le second a une robe un peu plus claire. Le nez est encore plus expressif, et fait plus évolué avec ses notes d'encaustique. La bouche est plus fraîchue, plus ample et onctueuse, avec un superbe équilibre. La finale élégante prolonge ce sentiment d'harmonie, sur des notes d'écorce d'orange et de truffe noire. C'est un Sauternes 1990 du Château d'Yquem. Je l'ai préféré au Bru-Baché (mais je fus l'un des seuls).

En bonus, nous avons bu un vin nettement plus dense, plus riche, plus acidulé, plus .... bon, tout simplement (pas pris de notes). C'était Maria Juby 1997 de Patrick Baudouin

Bon, eh bien voilà ce fut tout pour ce soir-là ;-) Merci à Thien et Christian pour leur accueil, et aux participants pour leur apports et leur bonne humeur !

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