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Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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26 mai 2019

Une journée en Saar-Mosel-Ruwer (1) : Maximin Grünhaus

Sur certaines étiquettes, ces trois régions viticoles sont accolées l'une à l'autre. Il existe en effet une confrérie (Weinbruderschaft)  créée en 1967 – mon annéede naissance, c'est un signe –  qui continueà oeuvrer aujourd'hui  pour leur promotion. C'est en fait un peu comme les régions viticoles Languedoc et Roussillon qui ont un syndicat commun, mais il n'empêche qu'un vin du Languedoc, c'est un Languedoc, et un vin du Roussillon, un Roussillon. 

mosel saar ruwer

Mon ami et guide, Didier,  a  eu la bonne idée de choisir un domaine de chaque appellation : Van Volxem en Saar,  Maximin Grünhaus en Ruwer et Dr  Loosen en Mosel (la Saaar et la Ruwer étant des affluents de la Moselle). Il n'y a évidemment aucune leçon à tirer d'un échantillon aussi faible. Leur styles sont assez différents,  mais est-ce que ça relève plus des choix techniques du vigneron que du terroir ? Je ne me prononcerai pas. 

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À 9 h du matin, nous avons démarré par Maximin Grünhaus, un domaine appartenant à la famille Von Schubert qui l'a racheté à la fin du XIXème siècle. Mais la présence de la vigne remonte à l'époque romaine. Le vignoble de 34 ha est d'un seul tenant et divisé en trois crus :

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Au centre, l'Abstberg (14ha) que l'on voit sur mes photos car il est situé pile en face des bâtiments.  Très pentu (jusqu'à 75 %), il a une forme conique qui lui permet d'être exposé sud-est, sud et sud-ouest. Son sol profond est constitué de schistes bleu du Dévonien. Le riesling est bien sûr majoritaire, mais on y trouve aussi du pinot noir.

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L'Herrenberg  (19 ha) bénéficie d'une exposition sud/ sud-ouest avec un micro-climat un peu plus frais dû au bois de Grünberg qui l'entoure. Le sol est est moins profond  et plus rouge que celui de l'Abstberg, avec toujours la présence de schiste bleu. En plus du riesling, il a été planté du pinot blanc sur ce grand cru. 

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Et puis il y a le petit frère : le Bruderberg (1 ha) exposé au soleil levant, avec un sol identique à l'Abstberg, mais au climat plus frais (tout étant protégé des vents d'ouest). On n'y trouve que du Riesling. 

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La  dame qui nous accueille va être assez rapide sur la présentation du domaine. Nous passons directement à la dégustation sans passer par les installations techniques. Mais grâce à la magie d'internet, on peut voir que ça ressemble à ça :

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Le chai est situé juste en dessous du pressoir. Le moût est donc encuvé par gravité. La fermentation est assurée par les levures indigènes dans les cuves inox. Puis les vins sont élevés en fûts de chêne provenant de forêts locales.

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Il est 9h15 et on attaque le premier verre. Je ne vais pas être super précis, car je ne retrouve pas la brochure du domaine sur laquelle j'avais pris mes notes. Donc tout va être fait de mémoire...

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Nous avons démarré avec le Riesling Monopol 2018, un assemblage des jeunes vignes de l'Herrenberg et de l'Abstberg. Le nez assez discret (embouteillage récent) évoque la pêche et la citronnelle. La bouche est fine, pure, légèrement perlante, bien équilibrée. La finale allie amertume et astringence (sans excès) avec une légère sensation sucrée.

Puis nous passons à Alte Reben 2017, qui provient principalement de vieilles vignes de l'Abstberg. Le nez est plus mûr, avec la mangue et l'ananas qui pointent leur nez. L'acidité est plus traçante, mais elle est enrobée d'une matière plus dense, presque grasse. La finale est gourmande et très expressive. L'année en bouteille supplémentaire lui a fait du bien. On a plus envie d'encaver pour voir ce que ça va devenir d'ici 5-10 ans. 

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Nous poursuivons avec le Pinot Blanc Reservé 2017 (sic), qui provient de l'Herrenberg. Le nez est sur les fruits blancs et une touche fumée. La bouche est ronde, fraîche et  pure, avec une matière très fine au départ, plus grasse en fin de bouche, mais toujours bien équilibrée. Je ne suis pas fan de ce cépage d'ordinaire, mais là j'aime bien (et à 9.90 €).

Nous terminons la série des secs avec le Riesling Herrenberg GG 2017 : ben, y a pas, il y a un gap entre un GG (Grosses Gewächs = Grand Cru) et les vins qui ont précédés. La tension est toujours là, mais sous une forme qui réussit à être plus intense tout en étant plus subtil. Plus qu'une acidité qui mène la danse, c'est un souffle puissant qui traverse le vin et embarque avec lui le dégustateur. La matière, à la fois évanescente et prégnante, joue dans le même registre. Un vin à l'avenir radieux !

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Le Riesling Maximin Feinherb 2018 est dans un registre demi-sec. Il fait une bonne transition avec les vins plus sucrés, mais je ne lui trouve pas plus d'intérêt que cela : le nez est légèrement fumé. La bouche est ronde et fruitée, agréable, mais manquant de caractère. La finale allie amertume et astringence (sans excès toutefois).

Le Riesling Bruderberg Kabinett 2018 a un nez très exotique, une bouche ample et douce, légèrement grasse, finement tendue, et une finale équilibrée, fraîche, au sucre très bien intégré.

Le Riesling Herrenberg Kabinett 2018  a un nez plus discret, encore marqué par le soufre, mais une bouche tranchante et intense. Vibrante, oserai-je dire. La finale est nettement plus puissante. Un bon cran au-dessus.

Et pour finir, un Riesling Abstberg Spätlese2018 : là aussi, on a une aromatique assez réservée, même si on perçoit derrière de jolies choses La bouche garde le tranchant du précédent, mais avec plus de race, de gras et de richesse. La finale n'est pas plus puissante, mais gagne en longueur.[i] Superbe.[/i]

La dégustation (gratuite) s'arrête là. Il resterait d'autres merveilles à découvrir, mais il est vrai que les prix grimpent ensuite assez fort. Je comprends qu'elles ne soient pas proposées aux visiteurs. Cela dit, ce que j'ai bu est suffisant pour avoir une idée de la. qualité des vins du domaine. 

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