A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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11 novembre 2017

Carrément bien !

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Je suis admiratif de l'activité de Sandrine Goeyvaerts : on se demande comment elle réussit à jongler entre son métier de caviste, sa famille, ses visites chez les vignerons français et l'écriture d'articles, de chroniques et de livres. Après Jamais en carafe et Les perles d'une caviste, voici Carrément vin qui dresse le portrait de 100 vigneron(ne)s "au naturel". 

Difficile de faire plus tendance : alors qu'ils ne réprésentent qu'une toute petite fraction de la production viticole (probablement moins de 1 %), il est beaucoup question d'eux dans les médias et les réseaux sociaux. Les avis sont souvent très tranchés, qu'ils proviennent de leurs admirateurs ou de leurs détracteurs. Au point qu'aucun des camps n'est vraiment crédible. On ne peut pas dire que tous les vins naturels ont des défauts œnologiques – mais il est indéniable qu'il y en a encore trop, même si leur proportion est en baisse –  tout comme il est idiot d'affirmer que tous les vins conventionnels sont bourrés de pesticides chimiques et d'intrants œnologiques – il existe des vignerons consciencieux dans le "camp du mal". 

Sandrine, tout comme moi, a une position plus modérée sur le sujet. Je "plussoie" totalement ce qu'elle écrit dans les premières pages du livre. Il faut dire qu'elle et moi, même si nous mettons particulièrement  en avant des vignerons "au naturel", vendons aussi des vins "conventionnels" que nous avons appréciés et dont nous estimons le producteur. À moins d'être totalement schizophrène, il serait difficile de tirer dessus au bazooka. Tout n'est pas noir ou blanc : il existe au bas mot  cinquante nuances de gris ;-)

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Cela se ressent sur le choix des 100 vigneron(ne)s présent(e)s dans ce livre : tous ne sont pas certifiés en bio, tous ne font pas que des vins non sulfités. Certains font des vins très typés "nature" alors que d'autres produisent des cuvées qui pourraient passer pour des (bons) vins conventionnels. Un joyeux bric à brac, d'autant que tout ce beau monde est classé dans l'ordre alphabétique. On peut donc passer du Rhône au Sud-Ouest, de la Bourgogne au Languedoc, d'un vieux briscard à un(e) tout(e) jeune débutant(e). Mais n'ayez pas peur de vous y perdre : il existe deux index en fin de livre : par région et type de vin.

Il n'y a pas de traitemement de faveur : tous ont droit à une seule page, avec un portrait signé Yann Le Dluz, une courte présentation du domaine et du vigneron(ne) et une description de la cuvée sélectionnée par Sandrine (avec photo de l'étiquette). Petit détail qui a son importance : lorsqu'un vigneron plus ancien leur a servi de modèle (ou de "tuteur"), il est mentionné. On retrouve donc au fil des pages Marcel Lapierre, Claude Courtois, Patrick Meyer, Mark Angéli, Pierre Overnoy... 

Il faut saluer la sélection pointue de notre caviste belge : il eût été facile de ne choisir que les vignerons les plus connus, comme Gilles Azzoni, Dominique Derain, Philippe Bornard, Henri Milan, Benoït Tarlant ou Fabien Jouves... Mais dans ce cas-là, le lecteur-connaisseur serait resté un peu sur sa faim. Non, Sandrine est allé chercher des vigneron(ne)s dont j'avoue n'avoir jamais entendu parler. Et pour cause : certain(e)s viennent de sortir leur premier millésime. Difficile de faire plus confidentiel. C'est donc un sacré cadeau qu'elle nous fait là, car cela permet de faire belles découvertes ! J'ai fait le décompte : sur les 100 vigneron(ne)s cité(e)s, j'en commercialise 20, j'ai déjà bu les vins de 30 autres. Et donc,il y en a 50 dont je n'ai pas encore dégusté les vins. Du travail en perpective... 

C'est d'ailleurs l'un des reproches qui lui ont été faits par des confrères cavistes : elle dévoile à tout le monde le "coin à champignon" censé rester confidentiel. Eh bien, je ne suis pas d'accord : c'est très bien de mettre en avant des inconnu(e)s. Plus vite ils seront connus, plus vite ils vendront leur production, faisant rentrer un peu de trésorie. Ce qui n'est pas duout négligeable dans les premières années  (et même après). 

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Avant/Après

L'autre reproche qui lui a été fait, c'est que le livre est moche. Certains n'aiment pas la couleur verte que l'on retrouve à chaque page. D'autres n'aiment pas les portraits des vigneron(ne)s. La couleur, franchement, elle ne me dérange pas : je trouve ce vert "anis" plutôt joyeux et en phase avec l'entrain communicatif de Sandrine.  Par contre, c'est vrai que pas mal de dessins rendent plus moches qu'ils ne sont pas mal de vigneron(ne)s. Il faut dire que Yann Le Dluz a converti des photos en dessins,  et que le résultat n'est pas toujours heureux. S'ils les avaient vu(e)s en 3 D, la face des mondes aurait changé. 

Mais bon, honnêtement, ce n'est pas bien grave. Le principal, c'est le CONTENU, et il est très chouette : il donne vraiment de partir à la rencontre des  vigneron(ne)s pas encore connu(e)s. Et ça tombe bien : leur coordonnées sont fin d'ouvrage. Pour tout cela : merci, Sandrine !

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Carrément vin, Sandrine Goeyvaerts

Editions Hachette, 128  pages - 17.95 €



Commentaires sur Carrément bien !

    La couleur s'accorde bien avec le thème. Les dessins, c'est anecdotique

    Posté par Ludovic, 11 novembre 2017 à 20:56 | | Répondre
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