A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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18 juin 2017

Arlay, viens boire un p'tit coup à la maison !

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Des soirées prévues un an à l'avance, il n'y en a pas tant que ça (à part les anniversaires). C'était le cas de cette soirée avec Alain de Laguiche, propriétaire du Château d'Arlay (vins du Jura) qui vient en nos terres une fois par an pour faire déguster sa production à ses clients locaux (dont nous sommes). Après avoir fait sa connaissance il y a deux ans, je lui avais proposé  que nous fassions un repas ensemble la prochaine fois qu'il viendrait. Ce qui fut fait.  À la fin de celui-ci, nous avions décidé le thème du suivant : ce serait Trousseau et Chenin

Le 10 juin dernier, donc, ce fut le "match retour" (mais sur le même terrain). Alain a apporté les Trousseau(x), et nous les Chenin(s). En Jura, on procède comme en Bourgogne : on démarre par les vins rouges avant d'attaquer les blancs, plus puissants.

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Mais tout d'abord, une bulle de Chenin : un Brut Réserve 2009 de Huet que j'ai découvert deux semaines avant aux portes ouvertes du producteur. Le plus beau lot de ce millésime avait été patiemmment mis de côté durant 7 ans avant d'être dégorgé. Au vu du résultat, ça en valait la peine : la robe est dorée. Le nez est fin et complexe, sur la pomme rôtie au beurre, le coing et la brioche chaude, quelques épices douces. La bouche est élancée, avec une acidité traçante qui apporte de la tension à une matière ronde, charnue, aux bulles discrètes mais toniques. La finale est marquée par les amers typiques du cépage, avec un retour sur la pomme et le coing. Vraiment très joli ! Pour l'accompagner, des toasts alliant foie gras mi-cuit et pommes rôties. Un accord juste parfait.

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Avec les vins issus de Trousseau, nous commençons par du jambon alsacien...

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... et du saucisson du Limousin.

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Le premier est un Côtes du Jura 2015 du bien nommé Hubert Clavelin. La robe est rubis. Le nez est délicat, sur la cerise rouge et la fumée. La bouche est fine, tendue, avec une matière fruitée et aérienne aux tanins impalpables. La finale a une mâche plus terrienne. Terreuse, même, rappelant certains vins de Pinot noir. 

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Le second est un Arbois 2014 de la Reine Jeanne. La robe est plus claire, entre vermillon et corail. Le nez est tout en finesse, sur la framboise, le lard fumé et le poivre. La bouche est très tendue (sans qu'elle soit agressive) avec une matière douce et gourmande, pleine de fruit frais. La finale reste dans la gourmandise, sans dureté. Très sympa sans être complexe.

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Le troisième est un Arbois 2012 de Fumey-Chatelain. La robe est entre le vermillon et le tuilé/orangé. Le nez est aussi plus évolué, sur le cuir, le guignolet, les épices. La bouche est plus ample, avec une matière douce et harmonieuse, avec les épices bien marqués. La finale est généreuse et corsée. Un beau vin qui serait sûrement à l'aise avec du gibier. 

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Puis nous passons à un pot au feu en chaud/froid (les diots et le bouillon sont chauds, les légumes à température ambiante). L'idée était de pouvoir apprécier ce plat sans trop transpirer... 

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Avec celui-ci, deux vins du Château d'Arlay : d'abord la très rare 560. Ce Côtes du Jura de 2014 "édité" à 560 exemplaires comprend 40 % de Trousseau ... et 60 % de Pinot noir. La robe grenat sombre est trouble (vin non filtré). Le nez est complexe et expressif, sur la cerise Bigarreau, la framboise, les épices douces, le poivre blanc. Alors que ce vin a été servi à la même température que les précédents, il parait beaucoup plus frais. La matière est plus charnue, avec un fruit très gourmand, pulpeux. La finale intense marie élégamment l'écorce d'orange à la cerise. Didiou, c'est vraiment très bon !

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Puis nous poursuivons avec un Côtes du Jura 2005 (pour le coup 100 % Trousseau). La robe est rubis, légèrement évoluée. Le nez monte encore en complexité, mêlant les fruits rouges frais aux confits et compotés, auxquels s'ajoutent épices, tabac et fumée. La bouche est harmonieuse, avec une matière dense et veloutée soutenue par une fine et discrète acidité. La finale est longue et complexe, avec toujours autant d'harmonie, mais aussi de fraîcheur. Pas moins qu'excellent !

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Les légumes sont les mêmes que le plat précédent, mais ils accompagnent cette fois du dos de cabillaud qui a cuit 30 mn à 47 °C, ce qui lui permet d'avoir ses pétales nacrés qui se détachent. Ils sont servis froids avec les légumes. Par contre, la sauce au citron confit, oeufs mollets et bouillon de légumes est versée chaude dans l'assiette. 

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C'est cette sauce (et surtout le citron confit) qui fait la liaison avec l'Anjou blanc À Françoise  2012 de Thibaud Boudignon. On retrouve d'ailleurs l'agrume confit dans le nez du vin, complété par des notes minérales La bouche est pure, traçante, d'une grande intensité aromatique et texturale. La finale tonique dévoile une fine mâche soulignée par de nobles amers (écorce de pomelo). C'est Très Très Bon, dirait François-Régis Gaudry. 

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Le plateau de fromages sert à faire la transition entre blanc sec et blanc moelleux. D'un côté des chèvres locaux bien affinés, de l'autre des pâtes persillées (Bleu d'Auvergne et Roquefort).

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Avec les premiers, nous buvons un Vouvray Le Mont sec 2010 de Huet. Le nez très expressif est à fond sur le coing confit (on pourrait partir sur un moelleux), complété par des notes mellifères. La bouche est juste magnifique, avec une matière riche, complexe, une acidité élégamment tranchante, et une sacrée énergie. L'équilibre jubilatoire des extrêmes. La finale magistrale, très coing confit elle aussi, poursuit sur la lancée. Splendide, ai-je noté. Assurément LE vin de la soirée.

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Avec les pâtes persillées, un Savennières moelleux 1990 du Clos du Papillon. La robe est entre l'or et le cuivre. Le nez marie les fruits confits avec l'encaustique. La bouche est tendue, vive, mais manque de matière, et encore plus de plaisir. L'aromatique fait très évolué. Un vin assurément bu trop tard. Il devait être meilleur il y a une dizaine d'années. 

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Pour finir, une tarte aux pommes recouverte d'une fiche couche de gélée de coing, histoire de faciliter l'accord : c'est une soirée Chenin, pas Mauzac ;-)

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Avec celle-ci, un Coteaux du Layon Clos des Bonnes Blanches 1997 de Jo Pithon. La robe est cuivrée et épaisse. Le nez est intense, entre coing (ouf !) et truffe . La bouche suave possède de la fraîcheur tout en manquant un peu de tension et d'énergie. Ceci dit, l'équilibre est là, et la liqueur n'a rien de pesante. L'accord avec la tarte est très réussi.

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C'est fini pour ce soir. L'année prochaine... Pinot noir et Riesling :-)

 



Commentaires sur Arlay, viens boire un p'tit coup à la maison !

    Bien sûr qu'on vient le boire, ce p'tit coup ! Quelles splendeur et comme tu as dû souffrir...

    Posté par Mirelha, 18 juin 2017 à 18:06 | | Répondre
  • J'avoue méconnaître les vins du jura
    Le seul que j'ai acheté(il m'en reste 10 bouteilles...le magasin mettait la clé sous la porte),c'est un vin jaune de 1979 ,médaille d'or. C'était pour mes recettes avec morilles. Il ne bouge pas,même ouvert,et je l'apprécie beaucoup.
    Par contre je retiens ton Vouvray.
    Je suivrai de prêt le duel Pinot noir Riesling. Bien amicalement.

    Posté par chris 06, 18 juin 2017 à 19:38 | | Répondre
  • Cet anjou blanc "à françoise" serait-il un discret hommage à Bobby Lapointe ?

    Posté par à, 19 juin 2017 à 10:41 | | Répondre
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