A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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22 avril 2014

Une semaine dans le Bordelais, jour 2

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Nous démarrons notre premier jour de visite médocain par Rauzan-Ségla, 2nd GGC de Margaux, qui produit l'un des vins les plus fins de l'appellation. 

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Nous avons la chance d'être accueillis par Bénédicte Laborde, responsable technique du domaine, qui a su répondre à toutes nos questions avec didactisme.

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Racheté par les propriétaires de Chanel en 1994, le domaine s'est donné les moyens pour produire un grand vin sans tomber dans l'ostentatoire. Les cuves sont remplies par gravité à l'aide d'un cuvon hissé par un élévateur.

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L'élevage se fait dans la tradition médocaine avec des soutirages à l'esquive.

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Grâce à des bondes parfaitement hermétiques il n'est plus besoin de pivoter les barriques en 2ème année.

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Le Rauzan Ségla 2006 a des tannins soyeux, beaucoup de fraîcheur, et une aromatique associant les fruits noirs, les notes florales et épicées, avec une légère amorce de notes tertiaires (truffe, sous bois, cèdre). Il a ce qu'il faut pour tenir encore une vingtaine d'années.

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Après le déjeuner à la Brasserie du Golf de Margaux, nous attaquons la deuxième visite de la journée au Château Palmer, voisin immédiat de Château Margaux (dont nous apercevons l'église) et la grande allée.

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Après plusieurs années d'essais en bio et biodynamie, le domaine a démarré en janvier dernier sa conversion officielle (et si tout se passe bien, il aura le label AB en 2017)

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Ces deux pieds de vigne ont plus d'un siècle?

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Une trieuse optique dernière génération

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Un cuvier adapté à des vinifications intra-parcellaires

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Le chai de première année avec une oeuvre de Barbara Shroeder

 

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Le  chai de seconde année

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Marqué dessus comme le Port Salut, mais plus classe :-)

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Le nouveau jardin

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Ambiance sereine

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Le château, inhabité depuis plus d'un siècle

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Le jardin de topiaires

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Alter Ego 2013 : Nez sur la mûre fraîche, légèrement lacté. Bouche ronde, intense, avec un très joli fruit et une matière charnue. Finale savoureuse.

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Palmer 2013 : nez également sur les fruits noirs, mais plus riche, intense, raffiné, épicé, boisé (santal). Bouche intense, avec une belle matière mûre et veloutée. Finale plus intense, avec une belle mâche. Après, est-ce que cela vaut le coup d'y mettre 175 € HT ? J'ai comme un doute...

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Alter Ego 2008 : nez fin, frais, complexe, légèrement évolué. Bouche élancée, avec une matière veloutée gourmande. Finale persistante sur une fine mâche épicée. C'est très bon. 

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Palmer 2004 : nez élégant, profond, mêlant le fruit mûr aux notes truffées. Bouche très fraîche, ample, intense, avec des tannins soyeux très classe. Longue et riche finale, sans aucune dureté. Très très bon,voire un peu plus.

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Nous finissons notre journée à Pontet-Canet, le seul grand cru médocainà être en biodynamie officielle (d'autres sont actuellement en conversion). En plus de cela, près de 40 % du vignoble ne voit passer aucun tracteur, que ce soit pour le travail du sol, les traitements phytosanitaires, les amendements, le carassonage, etc... mais uniquement le cheval grâce à des engins ingénieux conçus par le domaine.

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On est très loin de la charrue moyen-âgeuse utilisée par certains...

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Le cuvier est resté proche de celui conçu à la fin du XIXème par Skawinski (la structure d'origine est d'époque... mais pas les cuves). Il permet de placer les tables de tris au premier étage et de vider le raisin dans les cuves par gravité (voir reportage ICI).

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Le cuvier béton est l'un des plus beaux du genre, avec des cuves tronconiques de 80 hl.

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Jean-Michel Comme explique sa vision de l'agriculture, défendant l'individualité de chaque pied (et il y en a 800 000 sur le domaine !) qui reçoit une taille et un amendement adapté, n'est pas rogné ni vendangé en vert. Il donne des grappes qui lui correspondent, sans rentrer dans un formatage imposé par l'Homme (je résume : il a très bien détaillé tout cela). 

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Cela explique son choix d'élever un tiers de la production en dolias (des amphores en béton de 900 litres, conçues par Jean-Michel) afin de préserver le plus possible le fruit et l'expression originelle du raisin. Si cela ne tenait qu'à lui, tout se ferait ainsi, mais on s'écarterait probablement un peu trop de ce que les gens attendent d'un grand cru de Bordeaux. Déjà que...

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On déguste le 2013 : le nez oscille entre le fruit mûr et ce boisé dont Jean-Michel se débarrasserait volontiers. La bouche est fine, racée, éclatante, avec une grande droiture et des tannins soyeux qui évoquent plus Chambolle-Musigny que Pauillac. On peut comprendre pourquoi la critique semble partagée sur ce 2013, atypique pour la région. Perso, j'aime beaucoup !!!

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Fin de la journée 



Commentaires sur Une semaine dans le Bordelais, jour 2

    Superbe résumé agrémentées de merveilleuses photos !

    Posté par Farah, 22 avril 2014 à 09:37 | | Répondre
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