A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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08 février 2014

Un vendredi soir moins ordinaire que les autres

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Nous étions réunis en petit comité pour notre première dégustation commune de l'année, et ce fut encore une fois très sympathique. J'étais le seul à avoir eu le temps de préparer un vrai plat. Sinon, c'était un peu ambiance casse-croûte (avec des mets de qualité, soulignons-le).

 

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Comme souvent, nous avons démarré par une bulle : le nez faisait assez évolué, mêlant les notes de coing, de cire, de fruits secs. La bouche est à la fois tendue et intense, avec une bulle fine. Ca manque un peu de rondeur et d'élégance pour être totalement satisfaisant, mais c'est bien agréable et se boit tout seul. Olivier possédant pas mal de bulles de chenin, je pars là-dessus. Perdu : c'est un assemblage de Melon de Bourgogne, de Folle blanche et de Chardonnay. C'est en effet la cuvée Ludwig Hahn de Guy Bossard (Muscadet). Mes amis en avaient déjà bu. Pour moi, c'était une première, même si je connais cette cuvée depuis longtemps (j'en ai même vendu à une époque).

En plus des madeleines à la tomate confite et aux herbes photographiées ci-dessus, il y avait aussi des brochettes de ris de veau et de rognon, mais aussi du jambo cru.

il a fallu alors que fasse un petit tour en cuisine pour que je finalise mon plat préparé entre 12h30 et 13h30. Ce sont les cigales de mer, puntini au citron confit et sauce à la clémentine dont j'ai donné la recette il y a quelques jours.

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Comme je l'ai expliqué l'autre jour, je voulais faire boire en aveugle un Bergerac blanc 2002 que j'ai fait rentrer il y a un bon mois à Vins étonnants, car je voulais un jugement objectif à son sujet. Perso, je l'aime beaucoup, mais était-ce partagé ? OUF, c'est un grand oui. Déjà la couleur intense entre l'or et le cuivre fait penser à un liquoreux. Le nez sur les écorces d'agrumes confits, le miel, la cire, et la vanille aussi. Aussi, la bouche d'une grande fraîcheur sans un gramme de sucre surprend à la première gorgée, mais on s'y fait très vite. Le plat basé sur les agrumes (avec un tout petit peu de vanille) se veut entièrement au service du vin, et sa mission est parfaitement remplie : les deux jubilent, et nous avec:-) 

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Nous avons poursuivi avec un pâté aux pommes de terre, accompagné d'un vin blanc. Après le précédent, il a un peu de mal à s'exprimer. Le nez évoque les agrumes, la pierre mouillée, avec une petite pointe de coing. La bouche est droite, limite tranchante, avec un côté assez austère. L'aération va un peu arrondir les angles et le rendre plus expressif, mais on ne peut pas dire que ce vin offre beaucoup de plaisir. Etonnant, car lors de notre dernier repas commun, deux chenins de Loire 2009 nous avaient apporté notre plein d'émotion. Même cépage, même millésime, mais ce Sables 2009 de Stéphane Bernaudeau nous aura bien frustré...

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Nous passons à une belle assiette de fromages, tous plus bons les uns que les autres :

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Enfin si, mon préféré fut celui en haut à droite (une tomme de Haute Savoie avec un affinage de ouf'). Le vin que nous sert Olivier a une belle couleur pourpre, un nez pimpant sur les fruits noirs frais, complété par des notes de violette et de poivre, et un peu de volatile (mais pas dérangeante au départ, bien au contraire : ça ajoute encore de la tonicité à l'ensemble). En bouche, c'est rond, juteux, avec une matière soyeuse, très gourmande.  Ca descend vraiment tout seul ! Et c'est très bien ainsi, car sur la fin de la bouteille, la volatile prend le dessus, donnant au vin des arômes vinaigrés de moins en moins agréables. C'est un peu le problème de certains vins sans soufre (pas tous : certains gagnent au contraire à être bien aérés).

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C'était Côt à Côt 2010 de Noëlla Morantin. Un pur Côt (=Malbec) élaboré en Sologne. J'en avais déjà bu une bouteille chez l'ami Chinbourg en 2010, et j'avais eu un vrai coup de coeur !

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026On peut féliciter Patrick... d'avoir acheté cette "tarte" chez le pâtissier. En plus d'être jolie, elle n'était pas trop lourde après ce repas copieux. Même si bon, les fruits n'étaient pas trop de saison... Evidemment, un dernier vin : un nez sur le coing confit, la mirabelle, l'ananas, avec une matière à la fois aérienne et tranchante, et un sucre très discret (il fait plus demi-sec que moelleux). Ca sent encore le C'hnin. Le côté aérien me fait partir en Anjou. Perdu, c'est un Montlouis, avec une cuvée et un millésime que je connais bien : les Bournais 2005 de Chidaine. Je suis par le côté épuré et arérien de ce vin que j'avais connu beaucoup plus riche et gras dans sa jeunesse (début 2007). J'avais écrit alors : "nez enthousiasmant sur des notes exotiques (ananas, mangue). Bouche admirable conjuguant gras, intensité et complexité aromatique, grande profondeur et équilibre. Finale exubérante sur les fruits mûrs et les épices. Waoh!... Ce vin issu de jeunes vignes est  un vrai coup de coeur!"

En tout cas, encore une bien belle soirée en toute simplicité, sans prise de tête, avec des échanges passionnants sur le vin, la cuisine, la musique, le cinéma... Bref, la vie !



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