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11 avril 2011

Les vins "coup de coeur" de LPV Haute-Normandie

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Hier, les joyeux LPViens de Haute-Normandie se sont réunis chez le Grand Turc à Deville-Les-Rouen. Le thème du jour était les "Coups de coeur" des uns et des autres, ce qui a permis un grand éclectisme des flacons.

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L'ami Gildas avait pris bien soin de leur ordonnancement, se privant de la surprise de la dégustation à l'aveugle.

Nous commençons par deux bulles

004Vin n°1 : robe jaune pâle aux reflets rosés (pinot noir ?). Bulles très fines pas trop nerveuses. Nez sur les fruits mûrs (poire, pêche) avec une touche d'oxydation. Bouche ronde et fine, soutenue par une acidité un peu trop insistante. Finale assez courte, marquée par une légère astringence. Ca ne m'emballe pas vraiment, mais ce vin a le mérite (et la dure tâche) de "faire la bouche". 

Beaucoup partent sur une bulle de Loire. C'est en fait un Champagne 1er Cru Gosset-Brabant (100% Pinot Noir).

005Vin n° 2 : robe d'un bel or intense, aux bulles rares (il a été carafé une heure...). Nez très expressif sur les fruits exotiques (mangue, fruit de la passion), le pralin, les fruits secs. Bouche ample, mûre, profonde, d'une grande densité, aux bulles caressantes, munie d'une acidité impressionnante qui tonifie et allonge irresistiblement le vin. La finale est longue, intense aromatiquement, avec une mâche signant un terroir calcaire.

Bon, ça, je savais ce que c'était : c'était mon coup de coeur ;o) C'est  la Vigne d'or 2002, un Champagne de chez Tarlant (100 % Pinot Meunier, dégorgé en 2010).

Puis nous passons à 5 blancs secs

006Vin n° 3 : robe jaune pâle trouble. Nez tout aussi "trouble" avec des notes évoquant la pomme à cidre. Bouche légèrement gazeuse, pas vraiment en place (ça part un peu dans tous les sens), avec une acidité marquée, et une finale un peu dure. Bon, je n'accroche pas. Et je ne suis pas le seul. Quand Gildas nous raconte qu'il n'est ni filtré ni sulfité, je comprends mieux. Il y a manifestement un public pour ce type de vins, mais personnellement,  je préfère qu'ils soient un peu moins "nature" et plus fidèle à leur cépages et terroirs. Car allez deviner que nous avons affaire ici à un Pinot Blanc d'Alsace  (2009 de Jean Ginglinger) !

008Vin n° 4 : robe or tout court. Joli nez sur le citron confit, le fenouil, la menthe et la cire d'abeille. Avec de temps en temps, le bourgeon de cassis qui fait son apparition. Bouche ronde, douce, avec une matière dense et grasse, manquant un peu de tension et d'acidité (servi un poil trop chaud, il faut dire). Belle finale, assez persistante sur l'agrume confit.

Servi à bonne température sur une entrée méditerranéenne, ce doit être excellent. C'est un Cassis 2008 de la Ferme blanche (25 % ugni blanc, 25 % marsanne, 25 % clairette, 15 % bourboulenc, 10 % sauvignon).

009Vin n° 5 : robe d'un or intense, légèrement cuivré. Nez tout aussi intense sur le pomelo, l'agrume confit, la cire, la fumée, le mousseron... Bouche ample, mûre, limite onctueuse, avec une acidité en arrière-plan qui équilibre bien le tout. Finale relativement discrète sur des notes fumées. On sent le vin en début de déclin. 

Normal, c'est pas un p'tit jeune : Pessac-Léognan domaine de Chevalier 1993 (70 % Sauvignon 30 % Sémillon).

Vin n°6 : robe dorée. Nez évoquant les fruits bien mûrs, le soleil, mais aussi un bel élevage en barrique. Bouche ample, fraîche, avec une astringence allant crescendo qui me dérange. Problème : je suis le seule à la ressentir. Docteur, c'est grave ?

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C'est le nouveau et déjà fameux Chardonnay Ouillé 2007 de Macle avec son étiquette qui révolutionne le genre signée de la fille du producteur.

011Vin n°7 : robe jaune paille. nez évoquant le beurre et le citron, avec une pointe de menthol  et de champignon frais. Bouche ronde, fraîche, éclatante, d'une grande pureté. Le tout se prolongeant avec une finale nette, précise, appétante. Rhaaa que c'est bon, ce genre de vin ! J'en ferais bien mon quotidien.

Bon, fô pas rêver, à moins que je devienne allocataire chez Vincent Dauvissat dont c'est le (simple!) Chablis 2005.

Et c'est parti pour 7 rouges !

012Vin n° 8 : robe légère et évoluée (vermillon tuilé). Nez fin sur la pivoine, le noyau, l'humus, la fourrure... La bouche est ronde et souple, avec une matière fluide, mais d'un bel équilibre. C'est frais, d'une bonne intensité aromatique, se durcissant en finale. Pas mal du tout !

C'est un Gevrey-Chambertin 1989 de Gilles Burguet (comme "l'étiquette" ne l'indique pas).

013Vin n° 9 : belle robe rubis. Nez profond, délicat et complexe, sur la rose, la framboise, la cerise, le musc, la pêche de vigne, les épices... L'attaque en bouche est une véritable caresse, puis le vin prend de l'ampleur, la chair se densifie tout en préservant la sensualité. Un moment de grâce. Puis celle-ci retombe un peu dans une finale un peu trop tannique. Mais je suis convaincu qu'avec le plat adéquat, cela ne poserait aucun problème, et que l'extase serait sûrement au rendez-vous.

Lorsque Didier me dit que je l'ai déjà bu, je sais tout de suite de quoi il cause: c'est l'Orchis Masculata de Naudin Ferrand (Haute Côte de Beaune 2005, 100% Pinot noir). Presque tout le monde partait sur un pedigree beaucoup plus noble, du côté de Vosne-Romanée.

014Vin n° 10 : robe plus sombre, légèrement violacée. Nez mûr, épicé, assez simple. Bouche sur le même registre : c'est mûr, épicé, avec des tannins doux, bien polis. Le tout est équilibré par une touche végétale pas désagréable. C'est bon, bien fait, mais ça manque d'émotion.

C'est l'âme des Maillols 2006 du Domaine les Maillols (Minervois, 80 % grenache, 20 % syrah).

015Vin n° 11 : robe encore plus sombre. Nez viril mais charmeur sur la viande fumée, le poivre, l'olive noire, une touche de garrigue. Bouche jouant sur le registre de la puissance, mais tout autant de la gourmandise, avec une chair dense, fruitée, mâchue, équilibrée par une acidité quasi tranchante, sans concession. On adore ou on déteste. Moi, j'adore.

Ce vin, je l'avais déjà rencontré ICI. Il n'était alors pas en vente. C'est bon de savoir qu'il l'est aujourd'hui. C'est le Champs de la Truffière 2007 du Domaine du Deffends (50 % cabernet sauvignon, 50 % syrah). Je remarque qu'il a changé de nom : il s'appelait auparavant Clos de la Truffière. Probablement trop proche du célèbre Clos des Truffiers.

016Vin n° 12 : on change ici totalement de registre. Il y a encore manifestement de la syrah, mais c'est plus classieux. Le poivre se fait plus subtil, se mélange avec d'autres épices (girofle), du fruit noir, juste ce qu'il faut de note animale. La bouche frôle la perfection, intense et moelleuse, profonde et fraîche, avec un travail des tannins impressionant. La finale ne gâte rien, bien au contraire. Un vin superbe !

Quand je découvre l'étiquette, je suis ravi d'avoir aimé ce vin après avoir tant lu de compliments à son sujet : c'est Montcalmès 2007 (Coteaux du Languedoc, 60 % syrah 20 % grenache 20 % mourvèdre). 

017Vin n° 13 : robe quasi noire. Et au nez, y a pas photo : encore de la syrah ! Ici, dans un registre intense poivre/brûlé/goudron. Brutal. On retrouve la même aromatique dans une bouche dense, mûre et fraîche, avec des tannins serrés, mais bien intégrés. L'ensemble est parfaitement équilibré et cohérent. La finale est longue et expressive. Y a bon, même si ça peut ne pas plaire à tout le monde. C'est tout de même très typé.

On attendait pas vraiment Franck sur ce registre : il nous a amené un vin israëlien ! Syrah 2003 de Yarden (Galilée).

Vin n° 14 : le nez du suivant n'est pas très éloigné du précédent. Toujours le poivre, un peu moins de goudron, plus de garrigue. Une bouche plus ample, plus généreuse, mais toute aussi dense. La finale est puissante et énergique, quoique un tantinet ferme. Comme je l'ai noté : "ça dépote" !

J'avais goûté ce vin il y a quelques années. J'en avais un souvenir moins "viril" : c'est le Clos des Cistes 1998 de Peyre Rose (Coteaux du Languedoc 85 % syrah 15 % grenache).

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Avec le fromage et avant de passer au dessert, le blanc sec de Franckie (tu peux déjà être sûr que c'est un Sancerre...)

Vin n° 15 : de l'or liquide. Nez complexe et évolué sur le beurre noisette, la truffe, le miel de châtaignier. Bouche ronde, fraîche, équilibrée, d'une grande intensité aromatique, avec une matière d'une grande densité. Longue persistance sur des notes grillées/fumées. 

Un Sancerre, certainement, mais quid du producteur et du millésime ? C'est une Bourgeoise 1997 du domaine Henri Bourgeois.

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Pour finir, deux liquoreux.

022Vin n° 16 : robe dorée épaisse. Nez sur les fruits confits, l'abricot sec et le miel. La bouche est riche, douce, plutôt en finesse, avec un bel équilibre. Nobles amers en finale. C'est bon, même si pas renversant.

C'est un Sauternes Paradeigma 2000 de Rousset Peyraguey. Une vraie réussite pour ce domaine assez inégal, surtout dans un millésime 2000 pas évident dans la région.

Vin n° 17 : robe plus claire. Nez très fin, sur la nèfle, le coing et le miel. Bouche avec une onctuosité très marquée, limite too much, d'autant que l'acidité est bien discrète. Il en faudrait plus pour apporter de la tension et du peps à ce vin trop statique à mon goût. Finale assez courte.

C'est un Monbazillac 2005 de la Borie Blanche, dédicacée à toute l'équipe par la propriétaire :

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Au final, quelques belles découvertes et confirmations : je vais m'intéresser sérieusement à Montcalmès et au Domaine du Deffends. L'Orchis Masculata, je l'ai déjà fait rentrer à Ludivigne ;o)



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