A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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24 janvier 2010

Château Faugères, chai d'oeuvre dans la brume

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Afin d'éviter un procès, je le dis de suite : le jeu de mot contenu dans le titre a été fait par le magazine Terre de vins pour parler de la dernière oeuvre de Mario Botta : le chai du château Faugères. J'étais passé devant en novembre dernier alors que je me rendais au château de Pressac. Je n'avais vu que l'extérieur et j'étais un peu frustré. J'ai donc feuilleté Terre de vins la semaine dernière. Et là, déception : pas de photos intérieures non plus :o( Du coup, j'ai appelé le château pour leur demander si je pouvais visiter. Une charmante dame a acquiescé de suite. J'y suis donc passé jeudi dernier en rentrant de Bordeaux : ça ne faisait vraiment qu'un petit détour, d'autant que je devais m'arrêter aussi au Domaine de l'A récupérer des bouteilles. Manque de chance, il y avait un sacré brouillard. Du coup les photos extérieures sont pour le moins enveloppées de mystère... Normalement, ça ressemble à ça :


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(photo extraite de la brochure du domaine)

Ce domaine de 80 hectares, à cheval sur les appellations Saint-Emilion et Côtes de Castillon, a longtemps été dirigé par Péby (Pierre-Bernard) et Corinne Guisez. A la mort de son époux en 1997, Corinne a poursuivi le travail avec ses filles, amenant le vin parmi les meilleurs de Saint-Emilion. Des circonstances familiales la poussent finalement à vendre le domaine un entrepreneur suisse, Silvio Denz. La mise en place d'une nouvelle réglementation les oblige à construire un nouveau chai (l'ancien se trouvait sur l'appellation Côtes de Castillon). Silvio Denz confie donc cette tâche à son compatriote Mario Botta (voir  à ce sujet le reportage de Laurent Barou).

Nous commençons la visite par le rez de chaussée où se trouve la réception vendange ... et le haut des cuves. L'architecte s'est en effet servi de la déclivité de la pente pour faire un chai entièrement gravitaire.

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Avant d'être mis en cuve, le raisin cueilli manuellement séjourne dans une chambre froide afin que la fermentation ne démarre pas tout de suite. Une fois à 8°, il est éraflé et passe ensuite dans une trieuse optique qui observe en une fraction de seconde chaque grain et rejette ceux qui ne correspondent pas aux critères choisis : couleur, taille, flétrissement, etc... (rendement : entre 5 et 10 tonnes/heure !). Le raisin qui a passé cette épreuve avec succès tombe dans un cuvon métallique qui est ensuite vidé dans la cuve, sans pompe. Le raisin macère 3 jours à basse température avant qu'il soit décidé de démarrer la fermentation alcoolique.

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Les cuves sont bien sûr thermorégulées. Pour extraire couleurs et tannins, des remontages sont pratiqués en alternance avec des pigeages (remontage = on verse le moût sur le marc à l'aide d'une pompe ; pigeage  =  on enfonce le marc soit avec les pieds, soit manuellement, soit avec une machine). Voici une photo du pigeur, assez proche de la soucoupe volante :

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Il y a 40 cuves de 60 à 80hl (Taransaud, chêne français)

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pressoirUne fois la fermentation alcoolique achevée, le vin est écoulé en barriques par gravité pour faire sa "malo" (transformation de l'acide malique en acide lactique). Le marc est pressé avec des pressoirs verticaux de dernière génération (voir photo ci-contre). Les barriques sont posées sur des supports oxoline qui permettent de superposer des barriques tout en pouvant les retourner ou les sortir de la pile sans bouger les autres. Bon, là, c'est un peu le sous-effectif, car la vendange 2009 a été faible (grêle en juin dernier) et la 2008 est dans l'ancien chai.

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Les barriques ci-dessous n'ont pas fini leur malo. Elles sont donc stockées dans une pièce chauffée à 20°


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Et puis, pour le haut-de-gamme du domaine (la cuvée Péby-Faugères), il est pratiquée une vinification intégrale. A savoir que le raisin est versé dans la barrique, fermente dedans. Pour extraire, il suffit de tourner la barrique sur elle-même 4 fois par jour.

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Pour la vinif, il n'y a pas grand chose à dire de plus. Les connaisseurs auront sûrement deviné aux détails que j'ai donnés le nom de l'oenologue conseil : Michel Rolland, bien évidemment ! Il me reste à vous présenter les détails architecturaux qui font le charme de ce lieu pas comme les autres.

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A l'entrée du chai

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Vue du dernier étage côté est

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Vue sur le toit du chai, partiellement végétalisé

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Théorique super-vue sur la vallée

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Rythme géométrique cher à Botta

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La salle de dégustation

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Le haut du "verre" apparaissant en façade

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Vue sur les vignes

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THE END !



Commentaires sur Château Faugères, chai d'oeuvre dans la brume

  • beau ok, mais bon?

    salut Eric,
    effectivement cela a l'air tres fonctionnel et c'est surtout tres beau/design, mais cela en fait il de grands vins? ou tout juste bon à plaire à Bob?
    bon dimanche

    Posté par jull, 24 janvier 2010 à 12:24 | | Répondre
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