A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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07 janvier 2010

Clos du clocher et Bonalgue : une leçon de terroir à Pomerol

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J'ai reçu il y a quelques semaines un communiqué de presse pour la Saint-Valentin (je sais, ma bonne dame, y a plus de saison). Ca causait de deux demi-bouteilles de Pomerol : une pour ELLE, et une pour LUI. J'ai répondu à Charlotte (je vous l'ai pas dit, l'attachée de presse s'appelle Charlotte) que c'était charmant, son histoire, mais que si je ne goûtais pas les vins, je ne risquais pas d'en parler. J'en profite pour m'adresser à la  vingtaine d'attaché(e)s de presse qui m'inondent de mails depuis quelques mois : proposez-moi de m'envoyer le produit dont vous voulez que je parle. Sinon, c'est corbeille virtuelle direct.

Non seulement Charlotte n'a pas dit non à ma demande, mais elle a été d'une efficacité incroyable. Quelques jours plus tard, les bouteilles étaient livrées. Et pas une de chaque, mais deux. Sympa. Comme ça, je peux tester avant la Saint-Valentin pour voir si c'est bien. Et ouvrir les autres le jour J ;o)

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N'ayant pas grand chose à raconter en ce moment — je me nourris de salades et de soupes en espérant naïvement perdre l'embonpoint pris depuis un mois — je me suis décidé dimanche dernier à faire le test comparatif. Je n'ai pas recherché volontairement le texte du communiqué, histoire d'être neutre dans mes impressions.

009Je démarre par le Clos du Clocher 2007 : robe sombre, aux reflets pourpres. Nez sur des notes de myrtille, de truffe noire, de terre humide et de cacao, avec une touche de havane. Bouche douce, mûre, enveloppante, dotée d'une matière dense et charnue. Les tannins assurent la structure du vin, mais sont d'une totale discrétion. Finale épicée, de puissance et longueur raisonnables.

Pour LUI ou pour ELLE ? Ben franchement, je crois qu'ELLE aimerait beaucoup. Ca n'est pas du tout agressif. C'est velouté, doux, évoquant le douillet d'un pull en cashmere. Et puis ces arômes chocolatés de fruits noirs. Ca doit lui plaire. Bon LUI, il doit aimer aussi, sauf s'il aime les vins qui ont plus de niaque. Là c'est pas très nerveux. C'est posé, réconfortant, rassurant. Musicalement, c'est une  suite pour violoncelle de Bach.


 010Passons au Château Bonalgue 2007 : robe de couleur assez proche, un poil plus translucide. Nez sur la framboise et le moka. Bouche plus fine et élancée, avec une matière mûre et une acidité saillante apporte de la fraîcheur et du dynamisme au vin. Finale beaucoup plus longue que le précédent (grâce à cette acidité qui le porte littéralement).

Pour LUI ou pour ELLE ?  Heu, je sais pas trop. Le nez est plus fin, mais moins complexe et moins "cosy". La bouche a une matière moins dense, et beaucoup plus aérienne et élancée. Va-t-ELLE être pour autant séduite ? Pas sûr. Cette acidité assez prononcée qui structure littéralement le vin peut LA déranger, je pense. Et LUI, ça peut franchement lui plaire, car ce vin est beaucoup plus pêchu, avec une longueur incomparable. Il y a une espèce de pureté, de brillance, que l'on ne trouve pas dans l'autre.

Pour en revenir à ma comparaison musicale, c'est un violon dans une partita de Bach.

Mais bon, ce qu'il me brûlait de savoir à la lecture du site du producteur, c'était les terroir de ces deux vins. Histoire de voir si je ne m'étais pas trop planté dans mes suppositions...

Le premier vient manifestement d'un sol argileux, ce qui lui apporte cette densité et son côté statique. Le côté truffé déjà marqué laisse supposer qu'il est sur des terroirs typiques de Pomerol, avec la fameuse crasse de fer.

Le deuxième, rien qu'à la finesse du nez, c'est des graves. Depuis plus de deux ans que je déguste des cuvées parcellaires dans le Médoc, j'ai pris l'habitude de les repérer. Non seulement la bouche confirme, mais elle donne plus d'indication. Ce n'est pas une grave trèsargileuse, mais plutôt sableuse, car la matière n'est pas très dense, et très "aigue" (un peu comme du sable qui crisserait sur une surface).

Je vais voir le site et ...

"Le Clos du Clocher, d’une superficie totale de 4,30 hectares, est composé de deux parcelles distantes de 150 mètres, à 300 mètres au Sud de l’église en plein cœur du plateau de Pomerol, entourés des plus grands crus de l’appellation. Le sol y est argilo-graveleux, sur un sous-sol de crasse de fer, une des particularités de Pomerol." (70% merlot, 30% cabernet franc)

"Bonalgue s’étend sur 6,5 hectares de sols sablo-argileux de graves à l’extrémité ouest de Pomerol. Les sous-sols sont composés d’un mélange de graves et de « crasse de fer » (l’alios), typique de Pomerol. " (90% merlot, 10% cabernet franc)

Ouf, je me suis pas trop planté. Par contre, j'ai oublié de faire ce que je pratiquais lorsque je visitais un château médocain : je n'ai pas mélangé les deux verres pour voir ce que l'assemblage donnait. Sûrement meilleur que les deux séparés. En tout cas, plus complexe.

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En tout cas, un duo sympathique qui  vous permet d'avoir une grande discussion sur les mérites des argiles et des graves quant à la qualité des vins. Ou la supposée masculinité ou féminité d'un vin. Est-ce le jour de la Saint-Valentin qui est le mieux indiqué pour cela ? A vous de voir ;o)

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Clos du clocher : 20 €
Château Bonalgue : 16.50 €

Trouvable à Paris entre autres à Lavinia (je dis celle-là parce que tout le monde connaît)

Pour les autres adresses : 05.57.51.62.17

 



Commentaires sur Clos du clocher et Bonalgue : une leçon de terroir à Pomerol

  • que dire !! bonne fete !

    Posté par regine, 07 janvier 2010 à 15:35 | | Répondre
  • P....

    20€ la demi-quille de Pomerol + St Valentin + Lavinia = début d'année tonitruante sur A boire & à manger ?!

    Vais me petitsuicider.

    Posté par J-C, 07 janvier 2010 à 20:47 | | Répondre
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