30 juin 2008
Tartelette amandine à la clémentine et aux pignons
L'autre jour sur Europe1, il y avait une émission sur les desserts qui nous ont marqué dans notre enfance. Je pourrais en citer deux. Un sublimissime gâteau à la pistache que nous ramenait mon arrière-grand mère de l'Ile Saint-Louis où elle habitait (ne cherchez pas, le pâtissier n'existe plus. Il a été remplacée par une boîte de nuit). Et l'autre une tartelette aux pignons que vendait ma mère dans son magasin La Vie Claire. Ce que j'en ai mangé de ces tartelettes! Je préfère d'ailleurs ne pas savoir si la Vie Claire en fabrique encore, car j'aurais trop peur d'être déçu (il faut se méfier des souvenirs d'enfance...).
Il me restait quelques pignons suite à une recette de cake et je me suis dit: je vais faire une tartelette aux pignons! Il n'y en avait tout de même pas lourd: il allait falloir rajouter pas mal de choses en plus ;o)
Préparation de la "farce"
Les pros parleraient plutôt d'appareil, mais c'est un terme avec lequel j'ai un peu de mal. Quand j'entends "appareil", je pense spontanément à "photo" ou à "auditif" ... mais pas à un mélange d'amande, de sucre et d'oeuf...
Donc, ma farce est composée de:
125g de poudre d'amande
100g de sucre glace
50g de pignons légèrement grillés
2 oeufs entiers
2 cuillers à soupe de confiture de clémentine corse
5cl de crème liquide
5cl d'huile d'amandon de pruneau
Il suffit de tout mélanger. N'ayant pas le courage de m'occuper le soir de la pâte à tarte, j'ai laissé le tout au frigo jusqu'au lendemain. Procrastination, quand tu nous tiens ;o)
Préparation de la pâte
J'ai fait une pâte brisée toute bête. Certainement une erreur. Celle-ci, trop neutre, a ensuite atténué le goût savoureux de ma farce. Elle est composée classiquement de:
250g de farine
125g de beurre mou
1 oeuf
4cl d'eau
10g de sucre
Pour ceux qui veulent se lancer dans cette recette, je leur conseillerai de remplacer une partie de la farine par de la poudre d'amande, d'augmenter un peu la proportion de sucre, et d'ajouter de l'extrait d'amande amère ou de l'huile d'amandon de pruneau. Ainsi, il y aura une plus grande harmonie entre pâte et "appareil".
Penser à mettre au froid la pâte avant de l'étaler. Puis de remettre au froid les moules garnis de pâte.
La cuisson
Il y a deux possibilités:
précuire les tartelettes non garnies 10mn (180°), les remplir puis refaire cuire 15mn (200°).
garnir directement les tartelettes et faire cuire 20mn (200°)
J'ai tenté les deux versions. Je n'ai pas vraiment vu de différence. A vous de voir, donc.
Ces tartelettes peuvent se manger tiède, ou refroidies. Elles sont encore plus goûteuses après un repos de 24 heures.
29 juin 2008
Une soirée dégustation ludique et instructive
Déjà, le cadre n'est pas banal: nous sommes dans le chai du Domaine de la Solitude. En effet, l'un des membres du Quinté Sens Club de Bordeaux travaille pour le Domaine de Chevalier qui gère cette propriété appartenant à une communauté de religieuses. Pendant que nous devisons dehors, Julien s'affaire à préparer la soirée. Ce soir, c'est concours!
Trois groupes de 5 personnes vont s'affronter ce soir dans une lutte sans merci: les Pros (regroupant des professionnels du vins), les Bambinos (regroupant des -plus ou moins- jeunes dégustateurs) et les Patriarches (regroupant des amateurs avec un peu plus de kilomètres au compteur, dont je fais partie).
Nous commençons à prendre des forces en cassecroûtant les mets que chacun a apportés, accompagnés s'il vous plait d'un Chevalier (blanc) 2006. Servi certes un peu chaud, mais plus que plaisant. Ca ne sauvignonne pas, et l'élevage distingué échappe à la caricature.
Tout en continuant à grignoter, nous attaquons le questionnaire théorique. Ca commence mal: la première question porte sur les noms des différentes bouteilles de Champagne. Le truc qui me gonfle et qui m'a toujours paru ne servir à rien. Au mieux, je bois des magnums. Alors, les Salomons, les Rhéoboams et autre Nabuchodonors, je me contrefiche s'ils contiennent 6, 12, 18 ou 24 bouteilles de 75cl!... Les autres patriarches ont l'air de s'en moquer autant que moi. Ce qui fait que nous n'aurons aucune réponse juste à cette question.
Suivent d'autres questions plus ou moins ardues. L'une porte sur l'année où Mouton Rothschild est devenu 1er Cru Classé (1973!). Mais il faut dire ensuite pourquoi Picasso a été choisi cette année là pour illustrer l'étiquette. Je crois me souvenir que c'était l'année de sa mort, et que ce sont les héritiers qui ont donné leur accord pour ce dessin. Ma mémoire de Patriarche ne s'avérera pas trop défaillantes. C'était bien ça...
Une autre porte sur des descriptions de "nez de vin". Il faut trouver dans une liste à quel vin ils correspondent. C'est relativement facile. Nous aurons tout bon.
Il faut également retrouver les différentes régions du Vignoble de la Loire. Pas trop dur. Nous avons peiné un peu plus sur les 13 cépages de Chateauneuf. Et sur les pourcentages des différents cépages autorisés en Rhône Septentrional.
Mais bon, en fin de compte, nous gagnons cette épreuve théorique! Nous pouvons maintenant commencer l'épreuve pratique: la dégustation.
Vin n°1: nez terpénique avec des notes de citron confit et d'aiguille de pin. Je pars direct sur un Riesling, entraînant mes confrères. La bouche, ample, soutenue par une longue et belle acidité, semble confirmer mon diagnostic. La finale, très citronnée, aussi. Il faut trouver une année. Allez, 2001. Un producteur? Zind Humbrecht. Et la réponse est: Meursault 2001 du domaine Michot. Le plantaaaage!!! Bon, on a l'année 2001, tout de même ;o)
Vin n°2: nez sur la pierre humide, légèrement fumée, qui me fait directement penser à un Chenin de Bellivière. La bouche est grasse, soutenue par une certaine minéralité. Chenin en diable. Ce vin, je le connais. Je l'ai bu à plusieurs reprises. Vieilles vignes éparses 2004 de Bellivière. Faux! Mais c'est vrai que je le connais bien, et que j'a l'ai bu à plusieurs reprises: c'est le Bel Ouvrage 2004 de Damien Laureau. La haiiine!!! Mais bon, on a le cépage de juste, et le millésime. On gagne des points, donc ;o)
Vin n°3: au départ, ça pue grave. Réduit. Il faudra une grosse aération pour découvrir un nez beurré, légèrement truffé (blanc). La bouche, plutôt molle au départ, reprend un peu de vie. Et l'amertume finale, rédhibitoire au départ, s'estompe. Nous sommes plusieurs à penser que c'est un Chardonnay, dont votre serviteur (il me rappelle le Montrachet bu lors de mon anniversaire). Encore faux: c'est un Hermitage de l'Orée 1991 de Chapoutier.
Vin n°4: la robe est rouge sombre, mais translucide. Le nez est poivré, avec des arômes de de fruits noirs bien mûrs, d'encens. La bouche est riche, mûre, soutenue par une belle acidité qui lui apporte de la fraîcheur. Seule la fin, donnant l'impression d'une légère sucrosité, détonne. Mais j'aime tout de même beaucoup! Je pars sur une syrah septentrionale. Tout le monde suit. On finit par s'accorder sur un Cornas. De 2004. C'est en fait un Pinot noir 2005 de Cloudy Bay (Nouvelle Zélande). La hooooonnnte!
Vin n°5: robe noire aux reflets pourpres. Nez très marqué par l'élevage sur le grillé, le caramel et les fruits confits. Bouche dense, mûre, aux tannins assez marquée, et surtout à l'amertume finale qui me flanque des frissons. Plusieurs de mes condisciples le mettent en Bordeaux. Je n'arrive à le croire. Ils ont raison d'insister et de le marquer sur la feuille: c'est un Bordeaux. Côtes de Castillon la Violette 2005 du château Manoir du Gravoux.
Vin n°6: robe sombre aux reflets évolués. Nez bien mûr, fleurant les fruits compotés, les épices, puis à l'aération l'humus, le champignon de Paris. Ce qui nous fera partir sur un Médoc de 1990. La bouche est fraîche, élégante, avec des tannins veloutés. Belle finale. Nous n'aurons de bon que la région de production. C'est un château Pavie 2000. Je suis sur le cul! Ce vin quasi mythique (100/100 Parker), paraissant si vieux, et (à mon goût) d'un intérêt limité. Les miracles de la micro-oxygénation?
Vin n°7: Y a pas. Ca sent le bois américain. C'est donc soit espagnol, soit australien. Sinon, il faut admettre que le nez est assez envoûtant, avec ces arômes de liqueur de fruits noir et d'épices orientales. La bouche est d'une densité rare, fraîche, presque crémeuse, avec des tannins tirés au cordeau. C'est du bel ouvrage! Espagnol? Eh non: australien! C'est une Syrah Block 6 2003 des Kay Brothers Amery Wines.
Vin n°8: jolie robe violacée. Nez sur la framboise et les épices qui me fait partir sur un Crozes. Bouche fraîche, gourmande, veloutée, très digeste. Les tannins demandent encore à se fondre en finale... Je ne sais plus sur quel vin on est parti. Mais on a eu faux... Seul Loup avait eu l'intuition du domaine. C'est le Lirac "reine des bois" 2006 du domaine de la Mordorée.
Vin n°9: robe noire aux reflets violacés. Nez superbe sur les fruits noirs bien mûrs, et les épices. Bouche intense, mûre, charnelle. Fin encore un peu dure. Guy propose le Chateauneuf de la Mordorée 2005. Je le suis, car cela ressemble à ce que j'ai déjà bu. Bingo! C'est bien le Châteauneuf "Reine des Bois" de la Mordorée, mais 2006!
Nous repassons aux "blancs", sucrés cette fois-ci.
Vin n°10: là, y a pas de doute: c'est du muscat. Ca sent la rose, la pêche ... et le muscat ;o) La robe claire empêche de croire qu'il vienne de Corse. Ca ne ressemble pas non plus à un Muscat alsacien. Il ne fait pas trop languedocien. Loup nous dit avoir des bouteilles ressemblantes à la maison: du Muscat de Rivesaltes de Barroubio. Je ne suis pas vraiment convaincu, Guy non plus (qui pense à un Beaumes de Venise), mais bon, il faut bien mettre quelque chose... Lorsque la bouteille est dévoilée, nous apercevons que Guy avait raison: c'est bien un Beaumes de Venise. La cuvée 2006 de Delas.
Vin n°11: j'ai rarement vu un vin aussi épais. De couleur or ambrée, c'est du nectar d'abricot. En bouche, c'est d'une densité incroyable, pulpeux, fortement sucré, mais sans que que ça soit lourd ou écoeurant (le taux d'acidité doit être impressionnant pour arriver à ce subtil équilibre). Je n'hésite pas vraiment. Pour moi, c'est un Passito de Pantelleria. Mais mes collègues ne se laissent pas persuader pour mille raisons différentes. Certains partent sur un Layon (???), d'autres sur un vin espagnol. C'est la solution finalement retenue. Je réussis à la dernière seconde à faire écrire Muscat dans la case cépage. J'ai bien fait. C'était bien un muscat, et d'appellation... Passito de Pantelleria Ben Ryé 2006 (de la maison Donnafugata)! J'en étais sûûûûrrr!
Je crois qu'au final nous avons gagné, mais ce n'était pas le plus important. Nous avons passé une excellente soirée, qui nous a permis de découvrir des beaux vins, de confronter nos expériences, et de remettre en cause une fois de plus nos préjugés et nos acquis. Merci à Julien pour l'organisation de ce beau moment!
28 juin 2008
Côtelette de dinde au grill
Lundi dernier, j'ai craqué pour un grill "double face". ll n'était vendu que 29€99 à LIDL. Je ne suis pas trop riche en ce moment, mais ça m'a paru à ma portée. Eh bien, je ne regrette pas du tout mon achat. Trop facile à utiliser, résultat goûteux, cuisson plus saine que le barbecue classique, quasiment rien à surveiller. Que du bonheur!
Le samedi qui précédait, j'avais découvert chez mon volailler les cotelettes de dinde. Je ne sais pas si c'est la première fois qu'il en vendait, ou si j'étais toujours passé à côté, mais je n'en avais jamais vues. Je ne sais pas si vous remarquez la taille du bestiau par rapport à la taille de l'assiette, mais c'était la plus petite taille. Au départ, la vendeuse voulait me refiler des morceaux qui devait avoisiner le kilo. J'ai fait: "heuuuu.... C'est un peu gros, ça!".
Je peux me permettre d'être plus bavard que d'habitude, car la recette va être super courte ;o)
Il suffit de mettre un peu d'huile au pinceau sur les côtelettes. Les saler et les poivrer. Et de les faire cuire au grill 10mn environ. Fini.
Le résultat est extra: viande goûtue, dense, mais moelleuse. Parfaite avec du mesclun.
Depuis, j'ai fait avec mon grill des brochettes de volaille et une basse-côte de boeuf. Les deux extra!
Bon, en même temps, il va falloir que je me calme un peu. Parce qu'il faudrait que je renomme mon blog A griller et à manger :o)
27 juin 2008
Cake au saucisson corse, parmesan & roquette
J'ai participé mercredi dernier à une dégustation de vins dont je vous parlerai prochainement. Il fallait amener à cette occasion un p'tit quelque chose à manger. j'ai décidé de faire un cake salé: facile à transporter, et ne nécéssitant pas de matériel sophistiqué pour l'apprécier: une main suffit ;o)
J'ai utilisé pour celle-ci un saucisson corse (acheté à la semaine "méditerrannéenne de Leclerc"). Comme son nom l'indique, il est assez corsé, mais de plus fumé au bois, ce qui apporte un parfum assez incroyable au cake. Vous pouvez remplacer celui-ci par un autre saucisson, du bacon, ou pourquoi pas du chorizo?
Ingrédients
180g de farine
100g de saucisson corse coupé en tranches très fines (recoupées ensuite en deux)
3 oeufs
50g de parmesan
50g de roquette
40g de pignons de pin
1 sachet de levure chimique
15 cl de crème liquide
5 cl d'huile d'olive
sel (peu) et poivre
1 sachet de levure chimique
Préchauffer le four à 180).
Raper le parmesan, hacher la roquette, trancher le saucisson.
Mélanger d'abord, la farine et la levure chimique. Puis ajouter les oeufs, en mélangeant progressivement. Puis la crème liquide, l'huile d'olive, le parmesan, la roquette, le saucisson et la moitié des pignons de pin. Goûter, saler en conséquence, et poivrer.
Remplir un moule à cake tapissé de papier sulfurisé ou un moule souple en silicone. Verser dessus le restant des pignons. Enfourner 40mn.
Attendre que le cake tiédisse pour le démouler.
Il est conseillé d'attendre au moins une journée avant de le consommer (le cake peut alors s'imprégner des parfums du saucisson).
26 juin 2008
Confiture d'abricot ultra-allégée et néanmoins sublime
Je vous avais donné il y a peu une recette de confiture d'abricot à la MAP. Les abricots n'étant alors pas aussi mûrs qu'espérés, je m'était dit qu'une cuisson longue était la plus indiquée.
Ce coup-ci, j'ai réussi à avoir des abricots super mûrs, "borderline" dirais-je: ils étaient très moelleux au toucher et il ne fallait pas les garder une journée de plus sous peine d'avoir de la purée dans le sachet. Je m'en suis donc occupé dès mon retour à la maison.
Je les ai dénoyautés tout en gardant une quinzaine de noyau que j'ai cassés pour récupérer l'amandon (penser à éplucher ce dernier et à le couper en 2-3 morceaux).
Le poids total après dénoyautage était de 1,45 Kg. J'ai rajouté 350g de sucre roux. Et laissé ainsi une heure, en remuant régulièrement le mélange. Puis je l'ai chauffé dans une casserole jusqu'au premier bouillon, et laissé refroidir pendant 6 heures dans un saladier (pour éviter que ça traine trop longtemps dans du métal).
Puis à l'aide d'une passoire, j'ai séparé le "jus" des oreillons d'abricots. J'ai fait chauffer (doucement) le jus jusqu'à ce qu'il atteigne 112°. Puis j'ai rajouté les abricots, et j'ai refait chauffé le tout jusqu'à ce que ça atteigne de nouveau 112° (en remuant régulièrment pour homogénériser la température). Et mis le résultat directement dans trois pots en verre que j'ai refermés et retournés.
Le résultat est divin. Vous avez une confiture peu sucrée, et cuite juste ce qu'il faut avec un goût extraordinaire. De la quintessence d'abricot! Une personne peu raisonnable peut se faire le pot entier sans sensation d'écoeurement. Une tuerie, comme on dit maintenant. Je vais d'ailleurs être obligé d'en refaire rapidement, car mes trois pauvres petits pots ne vont pas faire long feu... Et de l'abricot comme ça , je n'en aurais pas toute l'année...
25 juin 2008
Salade de pommes de terres nouvelles, compotée d'oignons, oeufs durs & mesclun
Ou comment se régaler avec les ingrédients les plus simples qui soient...
Les pommes de terre ont été tranchées puis cuites à la vapeur une quinzaine de minutes (et pas épluchées).
Les oignons (nouveaux) ont été ciselés puis revenus dans un peu de beurre. Au bout de 3mn, une "giclée" de vin blanc a été ajoutée. Un couvercle a été posé sur la casserole, et le tout à mijoté 10mn.
Les oeufs ont cuit 7mn (départ eau bouillante), puis refroidis à l'eau froide. Si vous les voulez plus coulants, les retirer au bout de 5mn.
Le mesclun est juste assaissonné d'huile d'olive, de vinaigre balsamique et d'herbes fraîches (basilic, menthe, marjolaine).
24 juin 2008
Mini gâteaux moelleux à la rhubarbe
Ne sachant plus trop quoi faire comme recette de rhubarbe, j'ai surfé sur la toile gourmande, et j'ai fini par tomber sur le succulent à la rhubarbe. Je n'ai rien changé de la recette, si ce n'est que je l'ai mise dans des petits moules au lieu d'un grand (et fait cuire 20mn au lieu de 25).
Pour tout dire, le résultat peut paraître déroutant, car la rhubarbe n'est pas du tout sucrée préalablement. Ce qui fait que vous avez l'acidité du fruit qui n'est pas compensée par le sucre (celui de la pâte ne suffit pas). Olivier a aimé ainsi, mais j'ai moins accroché, du moins le 1er jour. Le lendemain, tout s'était mieux fondu, et donc plus à mon goût.
En tout cas, c'est très joli (ah, ce glaçage!), et d'un moelleux rare. A recommander, donc (en sucrant éventuellement la rhubarbe à l'avance).
22 juin 2008
Ballade instructive dans quelques châteaux médocains
Comme je l'ai déjà signalé, je co-écris un livre sur les châteaux médocains. Ainsi, une fois par mois, je passe une journée dans ce vignoble avec mon co-auteur. Nous avons eu beaucoup de chance. C'est la première fois depuis 4 mois que nous n'avons pas de pluie ;o)

J'avais prévu d'être bloqué dans les bouchons bordelais. Aussi étais-je parti à 6h25 à la maison. En fait, ce fut (relativement) fluide. Lorsque je suis arrivé à Margaux, il était 8h15. Alors que j'avais rendez-vous quelques kilomètres plus loin à Saint-Julien à 9h00. J'avais donc de la marge. Aussi ai-je fait un petit détour au château de Lamarque situé entre les deux villages.
Ne faisant pas partie des crus classés, il n'est pas très connu des amateurs de vin. Il a par contre une importance historique. Le Médoc ayant été envahi à de nombreuses reprises, ce château fort fut édifié au XIVème siècle. Le Duc d'Epernon, favori de Henri III et propriétaire de Beychevelle, possédait également ce château qu'il rénova au XVIIème siècle.
Il était un peu tôt pour faire une dégustation, mais je repasserai un jour dans ce château pour en savoir plus sur les vins de cette propriété.
Je ne me suis pas éternisé: nous avions rendez-vous avec le chef de culture de Léoville Poyferré. Je ne vais pas m'étaler ici sur la carte pédologique du domaine ou ses pratiques culturales. Et n'ayant pas pris de photos cette fois-ci, je vous en remets une prise lors de notre précédente visite.
Deux heures plus tard, nous sommes avec Jean-Michel Comme, régisseur de Pontet-Canet. Si vous êtes un lecteur attentif de ce blog, ce nom vous dira quelque chose (sinon, voir ici ou là). Nous commençons par une visite au hangar, où il nous montre ses nouvelles acquisitions. Des enjambeurs d'une trentaine d'années, remis à neuf! Ils offrent l'avantage de ne pas tasser le sol et de consommer 15 fois moins de gasoil que les modèles actuels! Lorsqu'on voit la flambée des prix des produits pétroliers, cela semble un bon choix ;o)
Mais l'obsession de Jean-Michel, c'est le tassement du sol. Même si ces enjambeurs sont un "plus", la traction animale lui paraît encore mieux adaptée. Aussi des essais ont-il été lancés depuis le début de l'année avec trois chevaux. Vous remarquerez que la charrue n'a rien d'old fashion. Elle est équipée aux dernières normes, et peut même rouler sur la route. L'électricité est fournie par un panneau solaire.
Au niveau vitesse, c'est assez impressionnant. Le cheval ne traîne pas dans les rangs. Il faut dire que le poids qu'il tire est relativement ridicule. Même un homme réussit à le tirer (mais pas trop longtemps, quand même...).
L'autre "cheval" de bataille de Jean-Michel, c'est d'éviter le rognage. Sa femme m'avait expliqué pourquoi lors de ma visite au Champs des Treilles. Lorsqu'on coupe le bourgeon apical situé à l'extrémité du rameau, cela libère les entrecoeurs qui se mettent à pousser, augmentant rapidement le nombre de feuilles. Aussi est-on ensuite obligé de rogner et d'effeuiller. Afin que les rameaux résistent mieux au vent, ils sont entremélés, créant ainsi des "ponts" (ci-dessus).
Passage rapide au chai où tradition et modernité se côtoient. D'un côté, un cuvier traditionnel en bois. De l'autre, un imposant cuvier en béton, offrant l'avantage d'une plus grande inertie lors des fermentations (et un entretien plus aisé).
Pour finir, une dégustation pas vraiment innocente ;o) Jean-Michel veut nous montrer que le travail entrepris se retrouve dans le produit final. Pas besoin d'intellectualiser quoique ce soir, ou de chercher midi à 14 heures. Ses vins sont d'une franchise, d'une pureté, d'un fruit étonnant pour des Pauillacs élevés dans 50% de barriques neuves! Et dur à croire en buvant le 2007 que nous sommes dans une année en demi-teinte...
Sans prendre le temps de déjeuner (il est 13h30!), nous filons à la Lagune où nous avons rendez-vous avec Caroline Frey. Cette propriété rachetée par son père en 2000 connaît dès lors une véritable renaissance. La superbe chartreuse du XVIIIème siècle a été rénovée, et un nouveau cuvier, moderne et respectueux de l'environnement, est sorti de terre. Tout juste sortie major de sa promotion, notre jeune oenologue a vinifié son premier millésime en 2004. Celui-ci a fait sensation, et depuis, la Lagune mérite pour le moins son rang de troisième cru classé. Nous tenterons durant deux heures de percer les secrets de cette réussite.
Il est 16h30: nous remontons sur Beychevelle pour prendre des photos. Il faut dire que depuis janvier dernier, il pleut à chaque fois que nous montons dans le Médoc :o( Il est difficile de ne pas tomber sour le charme de cette demeure hantée de statues...
Comme vous pouvez le voir, une journée bien remplie, aussi riche en informations qu'en émotion. Lorsque l'on rencontre de tels professionnels, on s'aperçoit que la passion n'est pas réservée aux petites exploitations. Derrière ces impressionnantes façades, il y a plein de petits coeurs qui battent...
21 juin 2008
Hamburger végétalien au tofu aux herbes & tomates confites
Même si je dois apporter tous les jours mon repas au travail, j'essaie qu'il soit varié, et tant qu'à faire sympa. Ce fut le cas de cet "hamburger" entièrement fait maison.
Le pain était en effet fait du matin même, et venait tout juste de sortir du four. Il est fait comme mes autres pains avec le mélange ciabatta de LIDL. Il suffit de faire le programme "pâte". Puis de tailler des morceaux de pâte sans les travailler du tout. Puis de les laisser lever 30mn et de les enfourner 20mn à 230°.
Pour les tomates, je les avais mises dans un plat avec de l'oignon nouveau, deux gousses d'ail écrasées, du sel, un peu de sucre, du poivre et des herbes de provence et enfournées 30mn à 200° pendant que les boules de pain levaient.
Le tofu est du tofu aux herbes acheté en magasin bio (je vous conseille particulièrement le Tossolia). En général, il me sert plutôt à remplacer la feta dans les salades. Je l'ai coupé en deux dans le sens de l'épaisseur afin de faire deux burgers.
J'ai tartiné les différentes moitiés de pain de tapenade. Puis j'ai placé sur les "bases" de la tomate et de l'oignons cuits. Puis le tofu. Re-tomate et oignon. Et enfin le chapeau. Fini.
Je me suis vraiment régalé car c'est vraiment riche en parfum, et moelleux et croustillant à la fois. Miam. A refaire!
20 juin 2008
Fraises à la gelée de Monbazillac, glace aux calissons d'Aix
Voici la recette du dessert du repas de samedi dernier. Elle prend peu de temps à faire dans la mesure où j'ai acheté la glace aux calissons d'Aix ;o)
Dans un premier temps, il faut faire la gelée. C'est tout simplement du Monbazillac (30cl) dans lequel j'ai fait fondre une feuille et demie de gélatine, puis mis à refroidir quelques heures dans un récipient peu profond. J'ai alors découpé des petits cubes que j'ai incorporé aux fraises.
En ce qui concerne les fraises, il y en avait 500g. Elles ont juste été équeutées, coupées en deux puis sucrées avec 2 cuillères à soupe de sucre. L'idée n'est vraiment de les sucrer, mais plutôt de leur faire rendre un peu de jus (puis de le remélanger à l'ensemble des fraises) et de protéger ainsi les fraises de toute oxydation.
A moment de servir, on sert ensemble les fraises, la gelée et la glace, et puis c'est tout!
L'autre jour, je promettais d'expliquer pourquoi les vins issus de raisins botrytisés (issus de pourriture noble) allaient si bien avec les fraises ou l'ananas. Tout simplement parce que la botrytisation fait apparaître dans ces vins - entre autres - un composé aromatique appelé furanéol (nom déposé, diminutif d'un nom beaucoup plus barbare: 2,5-dimethyl-4-hydroxy-3(2H)-furanone). Or, la fraise et l'ananas contiennent naturellement la même molécule. Celle-ci permet donc de faire le "pont aromatique" entre ces fruits et le vin. D'où cette impression de "mariage parfait" :o)



















































