A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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08 octobre 2006

On ne s'ennuie pas dans le Bordelais!

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En juillet dernier, nous avions été invités par les vinosophes de Bourg à une superbe dégustation. Le "match retour" avait lieu hier soir à Puisseguin au Château de Roques où le cercle LPV Sud Ouest a établi ses quartiers.

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Aux dix invités présents s'était joint un invité surprise: Thierry Debaisieux, co-fondateur du site La Passion du Vin, forum sans qui nous n'aurions jamais pu nous rencontrer. Ce fut un grand plaisir de faire sa connaissance et d'échanger avec lui sur le vin et notre forum favori.

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Chacun des invités avait apporté une bouteille. Seul Daniel, le GO du Cercle, connaissait les unes et les autres et les avait placées dans un ordre cohérent.

2006_1006eric0031Pour commencer, un champagne, préalablement carafé. La robe est  doré et les bulles fines et parsemées. Le nez est intense sur des notes de café grillé et de caramel au beurre. La bouche est d'une grande fraîcheur avec des notes citronées tout en étant concentrée et d'une bonne vinosité. Belle finale persistante sur des notes d'agrume et des notes de craie. Je n'avais jamais bu des champagnes ressemblant à CA. Normal, je n'avais jamais bu de Krug.  C'est chose faite avec cette Grande Cuvée d'une dizaine d'années.

Arrivent ensuite ensemble deux vins blancs.2006_1006eric0013

Le premier a une robe dorée et un nez de toute beauté qui fait songer de suite à un riesling: écorce de citron confit et notes terpéniques, mais aussi de rose et de pêche. La bouche est fine, élégante, toute en dentelles, avec un côté cristallin, et soulignée par une belle acidité. Jolie finale toute en fraîcheur. Classe! Tout le monde part sur un Riesling, mais après ça sèche un peu... C'est la cuvée des comtes d'Eguisheim 2000 de Léon Beyer.   

Le second a une robe plus claire. Le nez allie puissance et finesse, sur des notes d'agrumes, de beurre et d'aiguille de pin. La bouche est ample, mûre, avec un beau gras. La matière est très belle et d'un équilibre suprême avec une minéralité en filligrane. On atteint vraiment ce qui peut se faire de mieux en sec bordelais. C'en est bien un: Domaine de Chevalier 2001. Un beau cadeau!

2006_1006eric0014Puis suit un rouge seul:

La robe est grenat sombre, mais son disque trahit un âge certain. Le nez est très beau sur le poivron, la fumée, l'humus et la rose. Bouche de belle ampleur, mûre avec des tannins parfaitement fondus. Le milieu de bouche est marquée par une pointe d'acidité qui se renforce en finale. Certains y voient un manque de maturité dû au millésime. J'y vois une touche de fraîcheur bienvenue qui apporte de la jeunesse à ce vin qui ne fait pas son âge: c'est un Château Lagrange 1988. Bien!

La première "paire" de rouges:2006_1006eric0015

Le premier a une robe sombre avec des notes d'évolution. Le nez est sur des notes de sous-bois, de boîte à cigare, de prune, avec en plus un petit côté animal (brett?). La bouche est massive, démonstrative, avec des tannins puissants et veloutés. Finale puissante mais un peu asséchante.

2006_1006eric0016Le deuxième est toute aussi sombre, un peu moins évolué. Nez plus en finesse et presque acidulé avec des notes de cassis frais, de chocolat et de menthol. La bouche est fraîche avec une acidité assez marquée. La matière est dense et onctueuse, avec une minéralité sous-jacente. Grande finale avec toujours cette acidité en filligrane. Très beau vin!

Le premier est un Château Pavie 1998.

Le deuxième est un Château Pavie-Macquin1998.

Deuxième paire de rouges:2006_1006eric0017

Le premier a une robe grenat translucide marquée par l'évolution. Nez d'une grande finesse sur la rose, l'humus, la groseille et la ronce. Bouche en dentelle, élégante et fraîche, avec néanmoins du punch à revendre et qui se ressent dans la belle finale. Le classicisme Saint-Emilionnais dans sa splendeur! J'aime beaucoup, même si cet avis n'est pas partagé par tous...

2006_1006eric0018Le deuxième est beaucoup plus dense à tous les niveaux. Il ne gagne pas à mon goût à passer derrière le précédent car il ne fait pas dans la dentelle. La matière est puissante, les tannins pas totalement intégrés. La finale un poil dur. Bref, contrairement à l'avis général, j'ai pas trop aimé...

Le premier est un Château Belair 1995.

Le deuxième est un Château Grand Puy Lacoste 1995.

Et enfin, la dernière paire de rouges:2006_1006eric0019

Le premier a une robe grenat évoluée. Nez sur les fruits un peu compotés, les épices, la banane séchée et une pointe de volatile.  La bouche est ample, gourmande, bien mûre, avec un sentiment de plénitude. Finale toute en finesse avec une pointe d'acidité. Grande élégance!
2006_1006eric0020Le deuxième est beaucoup plus sombre, avec un nez sur le cacao et la cerise noire (grenache!!!). La bouche est assez imposante, avec un côté charnu (charnel?), velouté, sensuel. En finale, il demande encore à s'assouplir mais c'est d'ores et déjà un vin qui possède beaucoup de charme!

Deux styles opposés de Châteauneuf du Pape:

Le premier est un Charvin 2000.

Le deuxième est une reine des Bois 2000 du Domaine de la Mordorée.

Pour finir, un vin blanc après le dessert:2006_1006eric0021

Robe d'un beau doré. Très beau nez sur la rose, les agrumes confits, le verveine et quelques notes terpéniques. La bouche allie rondeur et fraîcheur, puissance aromatique et sensualité. La finale n'est pas explosive mais d'une grande persistance sur le citron confit. Un beau fin d'une grande élégance! C'est un Riesling Vendanges tardives GC Kirchberg de Ribeauvillé de Louis Sipp.

Ainsi se termine cette superbe soirée qui a permis de découvrir des vins de très haute qualité et surtout de comparer in vivo des styles de vinifications assez différents. A noter également une cuisine de bon niveau qui a remarquablement accompagné notre dégustation. Merci à tous pour ce beau moment!

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Commentaires sur On ne s'ennuie pas dans le Bordelais!

  • Mais où sont les femmes ? :=)

    Posté par Anne (P&P), 08 octobre 2006 à 10:24 | | Répondre
  • Merci pour Bélair

    Merci d'avoir défendu les qualités de Bélair. Moi qui ne suis pas fan du bordeaux "moderne" (je sais, ça ne veut pas dire grand-chose !!), j'adore ce classissisme de Bélair, son côté presque bourguignon. Je trouve ça tellement plus "intelligent" que les versions confiturées et caricaturales de trop nombreux autres St Emilion...

    Cordialement.

    Philippe

    Posté par Philippe BARRET, 08 octobre 2006 à 10:30 | | Répondre
  • Des nom !

    Au fait pourrais-tu donner les noms des présents sur la photo, genre, de gauche à droite : x, y, z.
    Histoire de mettre des visages sur des noms…

    Merci.

    Philippe

    Posté par Philippe Barret, 08 octobre 2006 à 10:33 | | Répondre
  • Eric, il est où il y a la chaise vide et le carnet + le stylo, je dirais! Tout le monde l'aura deviné, j'espère!

    Posté par olif, 08 octobre 2006 à 13:36 | | Répondre
  • Je suis heureux que tu aies apprécié Belair, je pensais que j'étais seul vu la volée de bois vert qu'il prend régulièrement. Je vois que Philippe aime aussi, et ça ne m'étonne pas plus que ça.

    Belle dégustation, avec de "vrais vins".

    Posté par Patrick, 08 octobre 2006 à 17:05 | | Répondre
  • effectivement, on ne s'ennuie pas!!!

    Posté par alhya, 08 octobre 2006 à 20:14 | | Répondre
  • La Mordorée, j'aime beaucoup, j'aime bien qu'on laisse le grenache s'exprimer à fond!

    Posté par Patrick CdM, 08 octobre 2006 à 21:32 | | Répondre
  • I Love It

    I love, j'adore, ce blog et surtout le diaporama de chez Bras -- j'aimerais bien savoir comment vous avez intégré un diaporama à votre blog, je suis une simple bloggeuse de Blogger et je me demande si c'est possible.

    Bravo en tout cas pour votre travail...

    Posté par Betty, 18 octobre 2006 à 20:54 | | Répondre
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