A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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05 juin 2006

Soirée dans un Chai (III)

Je vous replace dans le contexte. Il est 19h30. On vient de finir la dégustation "off" de vins du Rhône, l'officielle ayant eu lieu le matin. Entre les deux, le midi, on a bu un p'tit peu, pour accompagner des brochettes de boeuf à l'orientale.

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A savoir:

2006_0528fleurs0132Côte rôtie 2002, Rostaing: robe rouge sombre. Nez fruits noirs, casis, poivre blanc. Bouche ronde, pulpeuse, sympa, mais pas d'une densité affolante. Finale courte. Je tombe sur le c... lorsque l'on me dit que c'est une côte rôtie! Je comprends mieux lorsqu'on dit que 2002, c'est pas terrible...

Cuvée K5, l'Oustal Blanc (100% carignan): robe presque noire. Nez mûr, crémeux, épicé, sensuel. Bouche ronde, pulpeuse, presque suave, d'une belle richesse, portée par des tannins mûrs et soyeux. Un très très beau carignan!

Vouvray demi-sec 2005 "clos du Bourg, Domaine Huet: nez sur les fruits jaunes, le miel et les fleurs blanches. Bouche ronde, fraîche, d'une grande finesse aromatique. Milieu de bouche un peu creux. Remontée en puissance sur la finale. Un peu déçu, tout de même, vu le producteur et le millésime

Cette parenthèse terminée, revenons samedi soir, à 19h30. Il me tarde de faire goûter le Chardonnay brut de JL denois dont j'ai déjà parlé dans mon blog. Je le carafe 5-10mn, et ça y est, je le sers...

grand_3521Chardonnay Brut 1998, Jean Louis Denois (méthode traditionnelle non dosée): robe dorée intense, bulles fines et nombreuses. Nez superbe sur la noisette grillée, la brioche, les fruits confits. Bouche savoureuse de grande intensité, presque crémeuse, et en même temps marquée par la minéralité. Mon enthousiasme est communicatif, et beaucoup sont bluffés par ce vin de ... Limoux!

"rosé d'1 jour" du Château de Passavant (100% grosleau): la couleur de la robe est déjà prometteuse: "pétale de rose" très pâle, presque irréelle. Le nez confirme la promesse: fin délicat, mélange de rose et de framboise, avec une petite note acidulée de bonbon anglais. En bouche, c'est d'une délicatesse incroyable, presque impalpable, comme une caresse. La douceur de ce breuvage est remarquablement équilibré par une fine acidité toute en dentelle et un léger perlant. Aucune lourdeur donc, rien que du bonheur à boire ce vin presque irréel. Une petite merveille!

Montlouis 04 "maison marchandelle", Stéphane Cossais: robe or pâle, nez sur le citron, la fleur2006_0528fleurs0170 d'acacia. Bouche vive, parfumée. Jolie matière. Bonne persistance. Bien pour le millésime.

Chinon 2004, "Cuvée Antoine", Pascal Lambert: Robe dorée. Nez sur le citron confit et des notes beurrées et fumées. Bouche grasse, riche, d'un bel équilibre. Belle finale. Découverte et belle surprise que ce chinon blanc!

2006_0528fleurs0172Arbois 2002 "les corvées sous curon", Domaine de la Tournelle (100% chardonnay): nez sur la noisette, la pomme bien mûre? BOuche ronde ,ample, suave. Grosse matière. Belle minéralité. Encore un beau jura!

Furmint 05, domaine Kikelet (Hongrie): robe or pâle. Nez sur le muscat et la fleur d'oranger. Bouche vive, avec de la rondeur, belle puissance aromatique et forte impression de minéralité. Belle persistance. Encore une belle découverte!2006_0528fleurs0175

Riesling 94 Fronholz, André Ostertag: robe dorée, nez sur le citron confit et la résine de pin. Bouche vive munie d'une acidité tranchante. C'est gras, riche, puissant. Grande finale. Que c'est beau!

Intermède culinaire: nous dégustions ces vins avec une crème brûlée au parmesan (précédé de quelques divins couteaux panés -voir soirée II).

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Nous passons ensuite à des souris d'agneau confites au miel de bruyère: délicieuses! Avec quelques vins rouges, bien sûr...

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2006_0528fleurs0177Le 20, Domaine Laguerre (2004, 100% carignan): robe pourpre sombre. Nez sur les fruits noirs légérement épicés. Bouche ample, mûre, dense, avec des tannins encore fermes en fin de bouche. Bien!

Fixin 1er cru "clos de la Perrière" 2003, Jolliet père et fils: nez mûr très doux, un peu épicé. Bouche douce, presque sucrée, avec des tannins secs, presque rugueux. Fin juste moyenne. "Bof", ai-je écrit...

Anjou 2004, "montée de l'épine", Philippe Delesvaux: nez très mûr, balsamique, fruits compotés, épices. La bouche commence rondement, mais se durcit rapidement et devient sévère. Dommage...

Crozes Hermitage 03 "sélection première", Cave de Tain: nez sur les fruits noirs,les épices et des2006_0528fleurs0181 notes balsamiques? Bouche ronde, suave, aux tannins parfaitement fondus. Jolie matière, bel équilibre. Fin un peu chaude. Franchement bon quand même!

Chateauneuf du Pape 02, Domaine Charvin: robe déjà évoluée. Nez un peu oxydé sur des notes de pruneeau et figues. Bouche ronde, tannins fondus. Bonne fraîcheur. Mais matière assez légère tout de même. Difficile d'imaginer que ce pouvait être un Chateauneuf du Pape aussi récent...

Côtes du Ventoux 04 "fayard", Domaine Fondrêche: robe pourpre. Nez gourmand sur la crème de fruits noirs et les épices presque orientales. Bouche gourmande, fraîche et épicée à la fois, tannins totalement fondus, belle matière. Finale un peu chaude, mais pas rédhibitoire. Beau vin!

Chateau Nogues 2002 (Bordeaux sup): robe rouge sombre. Ner sur l'orange confite, le caramel, le cacao et les fruits cuits. BOuche ample, ronde. Tannins fins, se durcissant un peu en fin de bouche. Peu le placent en Bordelais... Bon vin!

Place au vieux comté et autres pâtes dures... et aux vins du Jura!!!

2006_0528fleurs0187Chateau Chalon 1999, Jean Macle: robe or. Nez oxydatif sur  la noix, la noisette, le curry et la fumée. Bouche séche et riche à la fois. Puissance aromatique énorme! Finale presque infinie... Que boire après ça???

Des restes de chateaux Chalon gardés au chai Carlina depuis 1 an!

Chateau Chalon 1983, Fruitière de la voiteur: nez d'une puissance folle. Bouche encore plus puissante que le 1999. C'est phénoménal!

Chateau Chalon 1989: nez puissant d'amande amère!!! Bouche là-aussi hors norme! Quelle émotion, mes amis!

L'Ecole Buissonière 04, La Maison de Rose (Savagnin VT): robe or pâle, nez fin sur des notes florales et2006_0528fleurs0188 l'amande. Bouche fraîche, douce, délicate, d'une grande élégance. Superbe expression du savagnin!

Tokaj 5 puttonyos 2002, Domaine Kikelet: nez muscaté, rôti. Bouche magnifiquement équilibrée entre gras et fraîcheur, suavité et finesse. Finale puissante etdouce à la fois, légèrement fumée. Waohh!

2006_0528fleurs0190Côteaux du Layon 97 "Les Bruandières", Patrick Baudouin: robe or intense. Nez puissant sur le coing et la cire d'abeille. Bouche toute en rondeur, soyeuse, avec un très bel équilibre sucre/acidité. Finale qui allie fraîcheur, puissance et beauté aromatique. Beau vin!

Haut Montravel "Jeux d'Ambre & de Lumière", Château Laroque: robe ambrée. Nez sur le pralin, la noisette, l'orange confite et le miel. Bouche ample, riche qui allie superbement sucre, fraîcheur et acidité. J'adore ce vin!... 

Et c'est là que s'achève le panorama de nos trois soirées vendéennes. Ca part certainement un peu trop dans tous les sens et nécessiterait un peu plus d'organisation. En même temps, ce fouillis est follement passionnant, et l'on passe des moments vraiment mémorables. A refaire, sans hésitation!

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Commentaires sur Soirée dans un Chai (III)

    Petit mélange de pinceaux...

    ...bien compréhensible vu la pléthore de vins! Les reliefs de Château Chalon de l'année dernière étaient, sauf erreur, un 89 de Macle et un 83 de la Fruitière de Voiteur. Et c'est bien le 83 qui sentait l'amande amère!

    Je pense que tu es passé à côté du Clos de la Perrière, même s'il se goûtait peut-être difficilement ce soir-là. Passer derrière le "léger" carignan de Laguerre l'a un peu désservi, à mon avis. Ce sera dur de continuer à suivre ce domaine après la spectaculaire envolée des prix sur le 2005, un monument à tout point de vue! Cf les différentes discussions à ce sujet sur LPV et DC.

    L'Ambre et la Lumière, c'est quand même drôlement bourré de volatile! Un vrai rouleau compresseur! ça manque de finesse à mon goût!

    Posté par olif, 05 juin 2006 à 21:07 | | Répondre
  • Merci Olif de tes précisions. Je corrige de suite.

    Pour le fixin, c'est clair qu'à 70€, je ne suivrai pas...

    Pour l'Ambre, j'arrive pas à être objectif, peut-être parce que je l'ai vu naître. J'aime même ses défauts

    Posté par Eric, 05 juin 2006 à 22:29 | | Répondre
  • Chapeau bas

    tout de même a peine 3-4 erreurs sur...au moins 130 ou 140 vins dégustés...
    Au fait combien en tout...de vraiment mauvais ??

    Posté par docadn, 06 juin 2006 à 09:07 | | Répondre
  • Degustator

    Bravo les gars. Ce ne sont plus des bouches humaines, mais des goulots de compétition dont vous a doté la nature. Je tâche de retenir les noms des jus les plus marquants (Laroque, Laguerre...), comme ça, au cas où je les croiserais à la supérette du coin.

    Posté par Estèbe, 06 juin 2006 à 09:34 | | Répondre
  • De vraiment mauvais, aucun dirais-je, si l'on exclue les bouteilles défectueuses. Des pas terribles une (toute) p'tite dizaine. Après, des vins moyens il y en a eu pas mal, un peu trop à mon goût Des très bons et des excellents, il y en a un nombre honorable. Mais je n'ai pas eu cette année le frisson de l'exceptionnel comme j'avais pu avoir l'année dernière avec le PX 72... Tous mes repères vinesques étaient abolis! Ceci dit, j'en ai rebu depuis, et je n'ai plus le même frisson. Syndrôme de la première fois???

    Les sommets? les vins liquoreux de Richard Leroy, et les chateau chalon (dans un style diamétralement opposé).

    Posté par Eric, 06 juin 2006 à 10:12 | | Répondre
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