A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

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23 janvier 2006

La vie de château (le temps d'une soirée)

100_20111Certainement pour échapper à notre médiocrité quotidienne (?), Olivier a décidé que l'on finirait notre journée en dehors de notre masure. Ma foi, c'est une bonne idée: notre emploi du temps des prochaines semaines est des plus chargés, et nous ne pourrons pas aller au resto d'ici mi-mars... L'horreur!

Seule petite contrainte: se raser, et s'habiller décemment. Adieu jeans, sweat et tennis... Bonjour col amidonné et chaussures qui serrent... Servitude de l'élégance...

19h30: nous partons pour un trajet relativement court, une vingtaine de kilomètres environ. Enfin nous arrivons dans notre demeure d'un soir:

brecourt1

Bienvenue au Château de Brecourt, une authentique demeure Louis XIII, qui offre (je cite) des "prestations de standing personnalisées".

Nous sonnons, et un majordome (?) nous fait pénétrer dans ce beau château.

reception

Après nous avoir débarrassés de nos manteaux, celui-ci nous conduit dans la salle du restaurant "le Grand Siècle" située au premier étage.

resto

Confortablement installés, nous feuilletons les menus tout en sirotant une flute de champomy (on est très raisonnables, ce soir!). Le choix de "vin au verre" étant limité, nous allons devoir prendre une bouteille: après un examen minutieux de la carte des vins, je pars sur un Sancerre blanc: "la Bourgeoise"  d'Henri Bourgeois. Du coup, nous devons prendre le même menu afin qu'il se marie le mieux possible avec le vin.

bourgeoise

Ce sera donc d'abord "Les coquilles Saint-Jacques, justes saisies au beurre d'Isigny, crème d'épinard au fromage frais", suivies de "Le sandre, en pavé rôti à la fleur de sel, tatin d'échalottes au foie gras, bordelaise aux herbes".

Pour nous faire patienter, quelques mises en bouche se succèdent, pas mauvaises certes, mais pas topissimes non plus. Mais arrive le premier plat. N'ayant pas embarqué mon appareil, il faudra se contenter d'une description. Vous avez une belle assiette creuse, avec une soupe d'un joli vert, dans laquelle nagent avec grâce des noix de Saint-Jacques dorées. Dans le fond de l'assiette repose du fromage frais. Sur les rebords de l'assiette, des petites feuilles de cresson cru sont élégamment disposées. Goûtons. Les noix de Saint-Jacques sont cuites à la perfection. La soupe (pardon "la crème d'épinard") est bonne, et le fromage pas plus indispensable que ça. Bonne idée pour les feuilles crues qui apportent du relief et de la fraîcheur au plat. Dans l'ensemble, c'est plutôt bien réussi. Perso, j'aurais fait la crème plus crémeuse, voire mousseuse (une émulsion?), et supprimé le fromage frais qui n'apporte rien...

Le deuxième plat arrive sous cloche argentée. Ze classe. La présentation est pas mal: le sandre est présenté côté peau (bien dorée et croustillante), entouré d'une sauce d'un bordeaux profond qui souligne la blancheur nacrée de la chair. La tatin d'échalote est de taille conséquente mais manque un peu de couleur: ça fait un peu endive cuite à l'eau... Goûtons. Le sandre est parfait, ainsi que la sauce, délicieuse. Au niveau de la tatin, c'est un peu mou et triste. Et trop copieux. Le foie gras est peu perdu sous cette masse d'échalotes. Celles-ci auraient dû être dorées pour gagner en saveur. Et la pâte n'a pas ce croustillant qui manque tant à cette tarte. Bof, bof...

Vient ensuite "la sélection rigoureuse de fromages affinées de nos régions présentée en chariot". Je prends du Selles sur Cher, du Pouligny Saint-Pierre, du Chaource et du Pont-L'Evêque. Rien à dire: les fromages sont très bons et à point. Et se marient parfaitement avec le Sancerre. Tiens, parlons de lui. Belle robe dorée, nez mûr d'agrumes et de pomme. La bouche est d'une bonne ampleur, avec un bel équilibre entre un côté solaire, généreux et une minéralité qui structure le vin. Il apporte beaucoup de plaisir et confirme que 2002 est un très grand millésime en Loire.

Pour finir, "le caramel sur un biscuit chocolaté, éclats de nougatine, crème glacée au chocolat blanc". C'est difficile à décrire, mais c'est très joli (si si!). Le gâteau est bon. Je n'arrive pas à comprendre comment est fait le caramel, mais c'est bien aussi, pas écoeurant. Les éclats de nougatine apportent un peu de croustillant à l'ensemble, un peu mou. Par contre, la glace au chocolat blanc est insipide... Ils ont vraiment du mal à avoir tout bon, dans ce resto...

Suivent café et mignardises. Café très bien, mignardises, bof bof... (et ça continue!...)

Nous partons avant minuit. Notre safrane n' a pas eu le temps de se transformer en 4L. Ca aurait fait tâche au milieu des jolies voitures ;-))

Conclusion de notre voyage dans l'Autre Monde: pas mal de choses à revoir, tout de même... Si le cadre est superbe et pourrait nous faire croire que nous allons approcher de la Perfection, beaucoup de petits détails dissonnants nous font redescendre sur terre. Dommage...

C'était tout de même une belle soirée, qui nous a transporté loin du quotidien. Merci, Olivier :-)



Commentaires sur La vie de château (le temps d'une soirée)

  • Tu étais la reine d'un soir ,en effet magnifique soirée....

    Posté par colette, 23 janvier 2006 à 13:30 | | Répondre
  • Colette, on va dire que tu ne l'as pas faite exprès, celle-là

    Je suis UN GAR-CON!

    Sans rancune

    Eric

    Posté par eric, 23 janvier 2006 à 14:01 | | Répondre
  • Colette a bu trop de punch!!!!!! )

    Posté par Choupette, 23 janvier 2006 à 14:20 | | Répondre
  • Excuses moi,non je ne l'ai pas fait volontairement ,mais en fait en me voyant dans ce château ,je me suis mise à ta place et je me suis dis que j'aurai pu être la reine.PARDON.

    Posté par colette, 23 janvier 2006 à 14:33 | | Répondre
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