A boire et à manger

Quand deux passions se rejoignent pour n'en faire qu'une: la gastronomie

EntréesPoissonsViandesVolaillesDessertsVins

02 octobre 2005

La mémé tient bient la route...

Ce midi, nous avons enfin ouvert une bouteille achetée en juillet 2004; son nom n'est pas banal, puisqu'il s'appelle le Clos de la mémé. Vous me direz, il y a bien des vins qui s'appellent "cigare volant", alors pourquoi pas "clos de la mémé"? En voici l'histoire...

La famille de Conti est propriétaire d'un des meilleurs domaines du bergeracois, le Chateau de la Tour des Gendres. Un des frères de Conti tombe par hasard sur une très vieille parcelle de vigne proche de chez eux, complètement à l'abandon. Celle-ci date d'avant le phylloxera (donc avant 1875...). Triste à l'idée que blog_0054cette vigne finissent par disparaître par manque de soin, il propose à la mémé de s'en occuper. Celle-ci acquiesce.  Francis de Conti va donc faire un travail colossal pour rattraper toutes ces années de négligence, en enfin en octobre 2002, ils peuvent vendanger... Les raisins sont superbes. Une partie (60%)est atteinte de pourriture noble, l'autre est passerillée (séchée sur pied). Plus habitué à vinifier des rouges et des blancs secs, Luc de Conti  se pique d'intérêt pour cette nouvelle matière et le choie à son tour durant 18 mois en barrique.  Le résultat de cette synergie familliale est un vin superbe, hors norme. Hélas, il n'en existera qu'une cuvée... Les enfants de la mémé voyant le magnifique résultat ont récupéré les vignes...

C'est donc un vin unique que nous ouvrons ce midi. Rien qu'en versant le vin dans le verre, on remarque la densité de cet or liquide.  Le nez est exubérant, sur des notes de pêche rôtie au beurre, de confiture d'abricot, de fruits confits et d'ananas. En bouche, la matière est généreuse, ébluissante,  d'un soyeux incroyable, et d'une grande complexité aromatique. Mais ce qui marque le plus, c'est vraiment le taffetas que vous avez en bouche. Je n'ai trouvé l'équivalent à ce jour que dans Yquem. On peut encore remarquerblog_0052 que le vin évolue très vite, et qu'une demie-heure plus tard, les parfums ont évolué: l'on passe alors à la figue, à l'ambre et au miel...

Ce nectar accompagna à merveille ma pintade rôtie au vin de muscat, accompagnée de pommes et de raisins frais cuits dans le jus de cuisson. Une preuve de plus que les liquoreux peuvent se marier avec des plats salés...



Commentaires sur La mémé tient bient la route...

    Dommage...car c'est tout à fait le type de nectar que j'affectionne ! Ha le Yquem ...

    Posté par Saveurs Sucrées, 02 octobre 2005 à 20:14 | | Répondre
  • J'ai lu avec grand intérêt l'histoire de ce vin exceptionnel. Quelle chance tu as eue...

    Posté par menus propos, 02 octobre 2005 à 21:34 | | Répondre
Nouveau commentaire